Les élections fédérales amènent leur lot de nouvelles figures du côté alémanique. En voici six qui vont sans doute compter.

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Certains observateurs l'évoquent déjà comme potentiel successeur à Christian Levrat à la tête du PS suisse: Jon Pult, 35 ans, se décrit lui-même comme le représentant d’une nouvelle génération de gauche, déterminé à se battre pour une politique écologiste ambitieuse, un congé parental, ou contre les lobbys. La star du PS grison, président du parti entre 2009 et 2016, s’est fait remarquer dans son canton lors de sa campagne victorieuse contre l’organisation des Jeux olympiques en 2017. Au niveau national, il s’est fait un nom dans son combat contre le projet de second tunnel du Gothard. Historien de formation, Jon Pult travaille comme conseiller en communication.

Un déjeuner avec Jon Pult en 2014: Jon Pult veut faire fructifier l’héritage de l’Initiative des Alpes

Esther Friedli, l’épouse de l’ancien président de l’UDC et ex-conseiller national saint-gallois Tonni Brunner, lui succède au parlement. Longtemps inconnue du grand public, contrairement à son très populaire mari, elle travaille comme secrétaire générale du département de la formation saint-gallois entre 2008 et 2014. D’abord membre du PDC, elle passe à l’UDC peu avant de se lancer dans la course au Conseil des Etats en 2016, mais échoue à se faire élire. Elle obtient davantage de succès en dirigeant la campagne de Roger Köppel en 2015 avec son agence de communication, Polestica.

Personne ne l’avait vu venir: le Vert Mathias Zopfi a éjecté l’UDC Werner Hösli du Conseil des Etats. Un double exploit: dans ce canton, c’est la première fois qu’un sortant manque sa réélection et qu’un Vert entre à Berne. C’était compter sans la force du réseau de cet avocat, vice-président de Glaris Sud, un regroupement de 17 villages, membre de plusieurs conseils d’administration. Son profil d’écologiste plutôt conservateur et consensuel lui a valu un large soutien, également à droite. Mathias Zopfi a présidé le parlement cantonal glaronais en 2017-2018. L’élu, associé dans un cabinet d’étude, dirige aussi un commerce de réparation de voitures et de motos. Féru de jass et de randonnée, il a passé son enfance à Engi, un petit village de 600 âmes où il habite encore aujourd’hui, avec sa copine.

En Suisse centrale, elles sont deux à marquer l’histoire en devenant les premières femmes à entrer à l’Assemblée fédérale pour leurs cantons respectifs: l’UDC Monika Rüegger à Obwald et Manuela Weichelt, de l’Alternative verte, à Zoug. L’écologiste n’est pas une novice en politique: elle cumule huit ans comme députée au Grand Conseil et douze ans à l’exécutif de son canton, dont deux à la présidence de l’exécutif cantonal. Infirmière de métier, titulaire d’un master en santé publique, elle a démarré sa carrière politique lors des années mouvementées des scènes ouvertes de la drogue: entre 1995 et 1998, elle a dirigé la prescription contrôlée d’héroïne dans le train de Zoug.

Tamara Funiciello va-t-elle s’assagir? La remuante socialiste de 29 ans entre au Conseil national, alors même que son parti perd deux sièges à Berne. Celle qui s’est initiée au militantisme au sein du syndicat Unia s’est profilée dans son combat féministe. Provocatrice en chef à la tête des Jeunes socialistes durant trois ans, elle a multiplié les actions aussi mobilisatrices que polarisantes.

Andri Silberschmidt devient, à 25 ans, le plus jeune élu à Berne. Son élection représente aussi un renouvellement: l’étoile montante du PLR pousse dehors le directeur de l’USAM, Hans-Ulrich Bigler, représentant de la vieille garde. Employé de banque, entrepreneur, il s’est démarqué sur le plan national par sa campagne contre la réforme des retraites. A Berne, il compte défendre les thèmes de sa génération d’un point de vue libéral.

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