Filippo Leutenegger tient à sa place au sein du comité directeur des radicaux zurichois. Grâce à une collaboration plus étroite avec les autres forces de droite – aussi avec l'UDC –, il veut assurer à son parti une position sur les devants de la scène.

Critiqué ces dernières semaines pour des prises de position contraires à celles de sa section – et souvent proches de celles de l'UDC – l'ancien présentateur de la télévision alémanique se trouve à l'aise dans un rôle de «bâtisseur de ponts», si l'on en croit l'interview parue hier dans le Tages-Anzeiger. Il a ainsi répondu aux reproches qui lui avaient été faits par le comité directeur de la section zurichoise du Parti radical – particulièrement par sa présidente, Doris Fiala (LT du 10.01.2005). La politicienne, à son poste depuis le printemps, a notamment brandi la menace d'une mise à l'écart de la tête du parti. Au nom d'une certaine «loyauté».

Depuis quelques semaines, Filippo Leutenegger s'est rangé aux côtés de l'UDC zurichoise pour s'opposer à la nouvelle constitution cantonale soumise au peuple à fin février. Or, les radicaux ont décidé de soutenir ce sujet. Et visiblement, Doris Fiala, dont la patience s'épuise, n'apprécie guère les chemins de traverse empruntés par son collègue de parti. «Si Filippo Leutenegger s'est déclaré partisan de l'idée radicale, il doit se soumettre à la majorité et représenter les opinions défendues par le parti», déclarait-elle dimanche.

La gauche, adversaire unique

Mais pour le conseiller national, et candidat malheureux à la présidence des radicaux zurichois, «il y a, au sein du parti, de la place pour plusieurs opinions». Et de poursuivre, comme pour expliquer son alignement répété aux côtés de l'UDC: «Nous devrions arrêter de penser que notre adversaire se trouve du côté droit. Si nous ne collaborons pas davantage, c'est la gauche qui gagnera des électeurs.»

Opposé à son parti sur plusieurs sujets d'envergure nationale – Schengen, assurance maternité –, Filippo Leutenegger se reconnaît toujours dans les valeurs de base radicales. Et entend s'engager pour les défendre. A ses yeux, le Parti radical a été pendant cent cinquante ans le garant du bien-être et de la stabilité, et les attentes sont encore élevées à ce niveau. «Beaucoup en Suisse ne savent plus d'où vient notre richesse, et sans cette richesse nous ne pouvons financer aucun projet social. Nous ne devons pas laisser une économie endettée sur les épaules de nos enfants.»

Quant à son penchant pour les opinions de l'UDC blochérienne, Filippo Leutenegger explique que «sous la baguette de Blocher, l'UDC s'est engagée pour de nombreux thèmes libéraux. Ce qui a posé problème aux radicaux et a provoqué des blessures.» Dorénavant, il revient au Parti radical, estime le Zurichois, de réoccuper les positions qui font partie de son héritage.