Justice

La fille de l’ancien président ouzbek, ses bolides et les malheurs du procureur fédéral

Les juges de Bellinzone annulent la vente précipitée des voitures de Gulnara Karimova et admettent par ailleurs le soupçon de partialité engendré par un voyage informel du responsable de l’enquête à Tachkent. Deux arrêts successifs qui désavouent le MPC

Emprisonnée depuis début mars dans une geôle de Tachkent, Gulnara Karimova, 46 ans, fille aînée de feu l’ex-président ouzbek Islam Karimov, également poursuivie en Suisse pour avoir blanchi de gigantesques pots-de-vin liés à des contrats de télécommunications, pourra trouver un brin de consolation dans deux décisions rendues par le Tribunal pénal fédéral (TPF). La première sauve d’une vente par anticipation les trois véhicules de luxe séquestrés et toujours parqués dans la propriété de Cologny. Dans la seconde, plus essentielle, les juges de Bellinzone admettent la récusation du procureur fédéral Patrick Lamon, qui enquêtait depuis sept ans sur ce vaste dossier aux ramifications internationales.

Pas d’urgence

L’arrêt du 13 mars 2019, publié ce jour, porte sur la réalisation par anticipation de la Mercedes-Benz SLR2DR (estimée actuellement à 346 352 francs), la Bentley Arnage (acquise pour 559 560 francs) et la Range Rover Sport V8 (d’une valeur à neuf de 123 360 francs). Le Ministère public de la Confédération (MPC), qui avait saisi les clés en 2013 mais oublié de séquestrer les véhicules, s’est rattrapé en 2018 tout en décidant de les réaliser pour éviter une dépréciation rapide ou un entretien dispendieux.