Le fils de Corinne Rey-Bellet restera en Valais. Il a été confié à une «jeune famille d'accueil parente de sa mère». Les autorités de tutelle de la commune saint-galloise d'Abtwil, où vivent les grands-parents paternels de l'orphelin, ont communiqué mercredi une décision prise le 9 novembre dernier et qui était très attendue. Ces dernières semaines, une association de soutien ainsi que des personnalités sportives avaient obtenu un large écho médiatique en réclamant une solution «valaisanne» pour l'enfant. Une pression sans doute sans précédent pour une affaire privée de ce type.

Pour des raisons de confidentialité, aucune précision sur l'identité de la famille n'a été donnée par l'autorité saint-galloise. L'orphelin, âgé de 3 ans, a été placé dans cette famille dès après le drame, a toutefois indiqué Andreas Haltinner, président de la commune d'Abtwil et président de l'autorité de tutelle. Le foyer d'accueil serait chez une cousine de Corinne Rey-Bellet, selon André Marty, président de «Porte-Bonheur», une association qui vient en aide aux orphelins et dont le siège est dans le canton de Vaud.

Des droits pour les grands-parents paternels

L'autorité de tutelle a indiqué qu'elle avait suivi les recommandations d'une psychologue pour enfants, dont l'expertise s'est étendue du 13 juillet au 20 octobre. L'expertise se base notamment sur des entretiens avec des personnages de l'entourage, le profil de l'enfant, la situation en matière d'accueil. La décision permet à l'enfant de rester en contact aussi bien avec ses grands-parents maternels que paternels. Les parents de Gerold Stadler, qui a abattu son épouse et son beau-frère le 30 avril dernier avant de se suicider, vivent dans le canton de Saint-Gall. De même qu'un oncle et une tante qui s'étaient proposés comme famille d'accueil. La famille saint-galloise demandait un accueil dans une famille neutre. Les grands-parents Stalder reçoivent un droit de garde et de visite.

Cyrill Stadler, le frère de Gerold, s'est déclaré heureux qu'une décision soit tombée. Il est important que l'enfant trouve la paix nécessaire. «Il appartient désormais aux deux familles de jeter les bases pour qu'il puisse grandir dans les meilleures conditions possibles, a-t-il expliqué. Les deux familles, notamment les grands-parents respectifs, doivent tirer à la même corde.»

6500 signatures

André Marty dit sa satisfaction: «Je ne suis pas heureux, mais soulagé, a-t-il déclaré à la Radio romande. C'est la bonne décision, j'ai envie de leur dire merci. Nous offrons un bel héritage à cet enfant, il pourra se dire que 6500 personnes se sont battues pour qu'il reste dans sa vallée.»

Cette organisation avait lancé une pétition pour que l'enfant reste dans sa famille maternelle. Dans ce contexte, les défenseurs d'un placement en Valais avaient fait état de mauvais traitements subis par Corinne Rey-Bellet de la part de son mari, informations partiellement démenties par la famille Stadler.

Dans la foulée de la pétition, une série de personnalités du ski suisse s'étaient également engagées dans le même sens. «Le fond de ma pensée, c'est qu'en Valais le petit sera d'abord le fils de Corinne, déclarait par exemple le descendeur Didier Cuche dans les colonnes de L'Illustré. En grandissant à Abtwil, il restera le fils d'un meurtrier. A l'école, il risque d'être maltraité par les autres enfants.»