Abba Abacha, qui avait écopé d’une peine de prison pour participation à une organisation criminelle, n’accepte pas cette condamnation explique Pierre de Preux. Le procureur général de Genève, Daniel Zappelli, a également été sollicité afin que le dossier retourne à l’instruction pour des compléments d’enquête. «Le procureur ne m’a pas encore répondu», a fait savoir l’avocat. Si Daniel Zappelli rejette la requête, un procès se tiendra devant le Tribunal de police.

A Genève, la procédure concernant les fonds Abacha a été ouverte il y a dix ans. Le général Sani Abacha, décédé en juin 1998, a été accusé par le Nigeria d’avoir détourné pour lui et ses proches des milliards de dollars des caisses publiques, lorsqu’il dirigeait le pays.

Le juge d’instruction genevois Yves Aeschlimann avait également ordonné en novembre dernier la confiscation des 350 millions de dollars saisis lors de l’enquête au Luxembourg et aux Bahamas. Les centaines de millions de dollars bloqués dans des banques suisses dans le cadre de cette affaire avaient déjà été restitués au Nigeria. Outre Abba Abacha, le juge d’instruction genevois avait aussi condamné un intermédiaire financier de Genève. Il avait été reconnu coupable d’avoir soutenu l’organisation criminelle mise en place par l’ancien dictateur du Nigeria pour piller son pays. Son avocat Alec Reymond n’a pas pu être joint mardi.