C'est peut-être l'épilogue d'une très longue crise. Vendredi, Beat Vonlanthen, ministre fribourgeois de l'Economie et de l'emploi, a réitéré sa confiance au chef du Service public de l'emploi (SPE), Marc Genilloud, après que ce dernier a été suivi durant six mois par un coach. Pour autant, «la page n'est pas encore tournée», annonce le conseiller d'Etat. Qui a pris une batterie de mesures pour éviter tout dysfonctionnement ultérieur au sein du SPE.

Marc Genilloud a pris la tête de cette officine étatique en 1998. Elle est alors en pleine déliquescence. Sa consigne est claire: remettre de l'ordre. Mission dont il s'est parfaitement acquitté. Le problème, c'est qu'après avoir fait le ménage, l'homme, autoritaire, n'a pas su adapter sa manière de diriger. Les tensions deviennent telles qu'elles ont des répercussions au Grand Conseil.

Une tête à faire rouler

Certains députés demandent la tête du haut fonctionnaire, par ailleurs membre du PDC et considéré à ce titre comme protégé par le gouvernement. Celui-ci commandite alors un audit sur le fonctionnement du SPE. Les conclusions sont sans appel: soit Marc Genilloud s'en va, soit il change sa façon de mener son équipe. Un coaching est ensuite mis en place pour l'aider.

«Il a fait de gros progrès, mais l'aspect relationnel doit encore être amélioré», précise Beat Vonlanthen. Selon qui l'Etat ne peut pas pratiquer la même approche que le privé et licencier quelqu'un à la première insatisfaction. «Lorsque le potentiel est là, il faut le développer», plaide-t-il.

Pour garantir la stabilité du SPE, le ministre rencontrera désormais les cadres du service au moins deux fois par an. Une nouvelle enquête de satisfaction sera menée auprès de ses 150 collaborateurs d'ici à mars 2008. Une personne de confiance a par ailleurs été nommée, où ces derniers pourront aller se plaindre en toute discrétion, le cas échéant.

Marc Genilloud s'en tire néanmoins à bon compte. Beat Vonlanthen précise toutefois n'être «pas plus angélique qu'il ne le faut. Nous irons jusqu'au bout du processus et prendrons rapidement les décisions qui s'imposeront», note-t-il. Cette histoire laisse enfin une jolie ardoise à l'Etat: 103000 francs pour l'audit et 85000 francs pour le coaching, financés par le fonds cantonal de l'emploi.