élection cantonale

La fin d'un PS fribourgeois tout-puissant

Par arrogance et par ambition, les caciques du Parti socialiste fribourgeois se sont aliéné leurs alliés et ont crispé à l’interne. Ils ont joué gros et ont tout perdu. Notre commentaire

En sport, on appelle cela un autogoal. En partant désunie, se déchirant tout au long de la campagne, la gauche fribourgeoise s’est sabordée. Face à la candidature rassembleuse et volontariste du PLR Didier Castella, l’entre-deux-tours de la socialiste Valérie Piller Carrard s’est mué en chronique d’une défaite annoncée. Et quelle défaite: 7000 voix d’écart! Un gouffre. Une baffe, en particulier pour les caciques du PS. Ils ont joué gros, ils ont tout perdu.

Lire: La droite triomphe à Fribourg

Prise de court par la démission surprise de la conseillère d’Etat écologiste Marie Garnier, la gauche devait se montrer soudée pour espérer l’emporter dans une élection complémentaire toujours compliquée pour un canton où la droite représente deux tiers de l’électorat. Le PS a choisi de ne pas soutenir la candidature de la Verte Sylvie Bonvin-Sansonnens, qu’il jugeait trop peu expérimentée, et a lancé dans la bataille sa conseillère nationale Valérie Piller Carrard. Une tactique risquée qui a transformé le premier tour en un duel fratricide, dont les plaies ne sont toujours pas refermées.

Avec cette complémentaire, on assiste peut-être à la fin d’une ère qui a vu un PS fribourgeois tout-puissant, réussissant à envoyer ses deux plus illustres représentants, tantôt au Conseil fédéral pour Alain Berset, tantôt à la présidence suisse du parti pour Christian Levrat. Mais aujourd’hui, par leur arrogance – se croyant seuls capables de sauver le siège de la gauche plurielle – et par leur ambition, les dirigeants socialistes se sont aliéné leurs alliés, ont crispé à l’interne et ont permis à la droite de renforcer sa majorité.

Publicité