«Certains préfets ont râlé mais ils doivent comprendre que l'Etat doit faire des économies partout. Les privilèges ne doivent plus être acceptés». Claude Lässer, directeur des travaux publics, emploie un ton ferme pour expliquer la décision finale prise mardi par le Conseil d'Etat fribourgeois.

Mais ce qui est devenu le feuilleton de la fixation des augmentations de loyer de fonctionnaires situés, dans l'échelle des salaires, juste au-dessous des conseillers d'Etat démontre au contraire une grande patience du gouvernement. Les propriétaires immobiliers privés, eux, n'attendent pas deux ans entre la calculation du nouveau loyer commercial et l'encaissement des hausses.

Le gouvernement dont le décret devait entrer en vigueur au 1er janvier 1997, après un an de négociations, a vraiment cherché à ne heurter aucun de ses lieutenants. Ainsi, le préfet de la Broye et châtelain d'Estavayer-le-Lac, Jean-Luc Baechler, se verra signifier une augmentation «progressive» à partir du 1er avril prochain. La fourchette de loyer a été fixée entre 20 000 et 22 000 francs par an. Tout à fait raisonnable pour un fonctionnaire «hors classe» dont le salaire, comme celui de ses six collègues, varie entre 122 000 et 150 000 francs par an. L'accord stipule que le loyer de l'appartement de fonction ne doit pas dépasser 14% du salaire brut. Les préfets bénéficient ainsi d'un prix de faveur, de 10 à 20% inférieur au prix du marché.

«Pour la caisse de l'Etat ces hausses représentent des bricoles, quelques centaines de francs par mois» estime Claude Lässer. Des bricoles en forme de pilule délicate à faire avaler. Willy Boder