Ce mercredi 2 février pourrait marquer la fin du télétravail obligatoire et de la quarantaine pour les personnes en contact avec des individus infectés par le covid. Alain Berset devrait demander au Conseil fédéral, lors de sa réunion de mercredi, de prendre ces deux mesures, affirme ce dimanche la SonntagsZeitung. Le ministre en charge de la Santé devrait également soumettre à ses collègues un plan d’assouplissement des autres restrictions, notamment concernant le certificat covid.

Ce plan serait mis en consultation et entrerait en vigueur le 16 février au plus tôt. Dans une interview également publiée ce dimanche, le président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé appelle pour sa part à ne pas agir trop rapidement.

«Le temps n'est plus aux mesures dures», a déclaré le conseiller fédéral Alain Berset dans l'émission Rundschau de la radio alémanique diffusée samedi. «On ne sait pas ce qu'il en sera l'hiver prochain, mais en l'état actuel, aucune nouvelle mutation du virus lié au Covid-19 n'est en vue et la situation est bonne», a-t-il encore affirmé.

En déplacement vendredi en Argovie, Alain Berset s’était montré optimiste concernant l’évolution de la situation sanitaire en Suisse. «La sortie est un processus, avait aussi affirmé le ministre de la Santé. Mais le processus peut aller très vite». Le calendrier de levée des restrictions semble en effet s’accélérer, selon la SonntagsZeitung.

Isolation des personnes infectées

La raison: le découplage entre le nombre d’infections, toujours extrêmement élevé, et le nombre de cas graves, qui reste relativement faible. Le système de santé n’est plus en danger et «l’immunité de la population est élevée, principalement en raison de la vaccination», a encore relevé Alain Berset vendredi. La veille, une étude du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) avait conclu que le variant Omicron ne pousserait sans doute pas le système de santé à ses limites. Toutes les restrictions ne seront néanmoins pas levées à court terme.

Les personnes infectées devraient continuer à s’isoler et l’obligation de se faire tester en cas de symptômes serait maintenue. La vaccination et la troisième dose demeurent des éléments «absolument centraux», a également souligné Alain Berset vendredi, en précisant: «Je ne dis pas que tout est fini». La question du port du masque dans les espaces publics, les commerces et les transports publics n’a pas été tranchée.

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Enfin, les règles des 2G et 3G devraient tomber pour les restaurants, les manifestations culturelles ou encore les installations sportives, mais aucun calendrier n’aurait été décidé pour cette levée des certificats, selon les informations de la SonntagsZeitung. Les limites concernant le nombre de participants à des réunions privées seraient également supprimées.

Satisfaction des milieux économiques

«Ces mesures vont dans le bon sens, la probable levée des quarantaines et la fin de l’obligation du télétravail correspondent à ce que nous demandions; nous allons revenir à une situation normale avant la fin de l’hiver», commente Cristina Gaggini, directrice romande d’Economiesuisse.


Le président des ministres de la Santé: «Pas de précipitation»

Le président de la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé Lukas Engelberger recommande d’attendre avant de trop assouplir les mesures contre le coronavirus. Il qualifie les réouvertures annoncées de «très optimistes» dans un entretien diffusé dimanche par le SonntagsBlick.

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Les restrictions empêchent un effondrement des hôpitaux et doivent protéger les infrastructures d’importance systémique, rappelle-t-il. «C’est pourquoi nous devons attendre que le pic de la vague Omicron soit atteint avant de prendre des mesures d’assouplissement importantes».

Lukas Engelberger dit comprendre qu’Alain Berset ne passe pas par une consultation des cantons pour lever la quarantaine et l’obligation du télétravail, mais il aimerait que ce soit le cas pour la suppression de la règle des 2G et celle de l’obligation du certificat Covid.

Pas comme la trêve dans une guerre

Il rappelle que «nous ne sommes pas encore sortis d’affaire». Dans son canton, Bâle-Ville, les hospitalisations dans les unités de soins intensifs sont stables, mais les admissions à l’hôpital ont augmenté de près d’un tiers la semaine dernière.

Le président de la CDS met en garde contre une déclaration précipitée de la fin de la crise sanitaire. «La pandémie ne se termine pas comme une guerre avec une trêve à midi». Elle s’éteint petit à petit, précise-t-il, soulignant que de nouvelles mutations du SARS-CoV-2 pourraient à nouveau aggraver la situation.

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