finances publiques

Les finances genevoises sauvées in extremis par un contribuable

Avec un léger excédent de 6 millions de francs, les comptes de l’Etat de Genève sont «en équilibre précaire». Le canton ne parvient pas à réduire sa dette

Les finances genevoises «en équilibre précaire»

Budget Les comptes affichent un petit excédent grâce à un mystérieux contribuable

Quand le hasard fait bien les choses, il apparaît opportunément un très discret et richissime contribuable pour sauver les finances genevoises. Une fable? Du tout. C’est ce qui ressort des comptes cantonaux, en «équilibre précaire», juge le conseiller d’Etat chargé des Finances, Serge Dal Busco. Avec des revenus de 7950 milliards et des charges de 7944 milliards, l’excédent n’est que de 6 millions de francs.

Si les recettes fiscales affichent beau, c’est grâce au contribuable providentiel de la commune d’Anières, qui a valu 415 millions de plus au canton. «D’où l’importance de garder nos contribuables fortunés à Genève», résume Serge Dal Busco. A noter que les impôts sur les successions sont supérieurs eux aussi de 134 millions au budget et celui sur les entreprises de 149 millions. «Mais il n’y a aucune raison de pavoiser, reconnaît le président du Conseil d’Etat, François Longchamp. Car cette hausse est due à une situation qui ne se reproduira plus. Or le résultat est à peine équilibré malgré un cycle économique positif.» Lequel risque de fléchir bientôt, à cause du franc fort, de la réforme de la fiscalité des entreprises qui entraînera des pertes considérables, évaluées à quelque 500 millions, et de l’application de l’initiative du 9 février. «Notre vrai point faible est donc la dette», admet le président du Conseil d’Etat, François Longchamp. Avec une charge d’intérêts stable de 230 millions, la dette moyenne atteint 12,7 milliards, se rapprochant dangereusement du couperet du frein à l’endettement, fixé à 13,3 milliards.

Les charges ordinaires, elles, ne grèvent pas outrageusement les comptes du canton. Les charges de personnel sont inférieures de 6 millions au budget et les dépenses générales de fonctionnement inférieures de 22 millions. En revanche, les subventions augmentent de 25 millions, dont 22 pour l’aide sociale. Le PS en impute la faute à l’exécutif, responsable selon lui d’avoir «verrouillé les choix politiques» et contribué à augmenter la fracture sociale. Le PDC estime pour sa part que ce chiffre serait «révélateur d’une augmentation inquiétante de la précarité sociale», insistant sur les moyens de réinsertion.

Assainissement de la caisse de pension

Si les charges de fonctionnement dépassent de 222 millions le budget, soit une augmentation de 3%, c’est à cause d’une provision de 203 millions pour l’assainissement de la caisse de pension de l’Etat. Un geste qui inquiète le PLR, s’étonnant «qu’il faille déjà injecter des montants supplémentaires seulement quinze mois après l’entrée en vigueur des mesures d’assainissement de la caisse de pension». Le MCG fulmine, lui, contre «cette cosmétique comptable en lieu et place de réduire la dette». L’UDC réclame de son côté une diminution du train de vie de l’Etat.

Quant aux investissements nets, à 546 millions, ils concernent la mobilité à raison de 29%, CEVA en tête, la formation (20%), la santé (18%), la sécurité (10%), l’aménagement et le logement (7%). Si Genève ne performe pas comme Vaud, François Longchamp ne permettra pas qu’on en déduise le déclin: «L’essentiel des charges sont supportées par le canton et non par les communes, contrairement à notre voisin!» Le budget 2016 n’échappera donc pas à un plan de mesures d’économies.

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