La conseillère d'Etat Isabelle Chassot, cheffe du Département de l'instruction publique, a présenté mercredi une première nationale: l'Université de Fribourg sera désormais subventionnée sous la forme d'une «enveloppe pluriannuelle», ce qui permettra à la haute école de mieux maîtriser ses dépenses. Si la plupart des universités ont déjà été placées au régime de l'enveloppe budgétaire afin d'accroître leur liberté de gestion, Fribourg fait un pas de plus en planifiant son effort pour les années 2004 à 2006. La subvention cantonale passera de 57,2 millions de francs en 2004, à 61,4 en 2005 et 64,7 l'année suivante. Ces montants comprendront les amortissements. Dans l'esprit du gouvernement, cette hausse est liée à une augmentation des subsides fédéraux, au moins de 41,8 à 43,2 millions de francs pour cette période. Le Conseil fédéral dévoilera à la fin du mois ses intentions dans le domaine de la recherche et la formation pour les années 2004 à 2007. Dans le paysage national, l'académie de Fribourg se singularise par la diversité de ses recettes: le canton n'assume que 21% de son budget total, de 170 millions de francs, situation notamment due au fait que cette haute école accueille plus d'étudiants confédérés (indemnisés par leur canton d'origine) et d'étrangers, qui influencent les subsides fédéraux. Pour disposer de ces moyens accrus, le rectorat, qui sera repris par Urs Altermatt en mars prochain, devra s'engager à réaliser une série d'objectifs, notamment la «concentration des moyens sur 5 à 6 pôles de compétences», l'amélioration de l'encadrement des sciences humaines et sociales, le «développement des études bilingues» et le «renforcement de la collaboration Berne-Neuchâtel-Fribourg – qui a pourtant du plomb dans l'aile, puisque Neuchâtel se tourne désormais vers Genève et Lausanne.