Revue de presse dominicale

La firme de Petra Gössi a fait des affaires au Panama

La presse alémanique attaque la nouvelle présidente du PLR sous l’angle de l’optimisation fiscale. Le financement des mosquées suisses est aussi au coeur de l'actualité dominicale

Début de présidence en fanfare pour la PLR Petra Gössi. La Schwytzoise est priée de s’expliquer, dans la presse dominicale alémanique, sur sa vision et ses liens avec les constructions offshore au Panama. La raison? Son employeur, Baryon AG, «a inscrit deux sociétés au registre du commerce du Panama dans les années 2000: Shirling Entreprise SA et Cardross Development Corp.», relate Schweiz am Sonntag. Par ailleurs, Shirling Entreprise SA était représentée au Panama  par le cabinet d’avocats Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers, ajoute la NZZ am Sonntag. En 2010, Shirling Entreprise a été liquidée. En 2009, Baryon a cessé de travailler avec Cardross Development, précise la NZZ am Sonntag.

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Petra Gössi se défend d’avoir su ou participé à quoi que ce soit: «Il est vrai que mon employeur s’est occupé d’une firme offshore au Panama, mais je n’en savais rien jusqu’au milieu de cette semaine. Je n’avais jamais entendu les noms de ces entreprises avant de recevoir une question d’un journal. Je travaille depuis 2008 auprès de Baryon comme juriste et je n’ai aucune connaissance des mandats de gestion de fortune», explique la nouvelle présidente du PLR dans la SonntagsZeitung. Sa position sur le fond? «Je soutiens, en tant que politicienne, le fait que les individus et entreprises utilisent les moyens légaux pour épargner des impôts. Mais chacun doit respecter nos lois».

 Sommaruga s’énerve contre les riches fraudeurs

Les révélations des Panama Papers échauffent davantage la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. La socialiste Bernoise ne mâche pas ses mots dans un entretien au SonntagsBlick: «Je ne suis pas une personne jalouse. Mais je m’énerve contre tous les riches qui ne paient pas d’impôts en Suisse! Je suis déçue, malgré la crise financière, de ne constater aucun changement de paradigme, au contraire». La socialiste s'affiche en totale contradiction avec son collègue ministre des Finances, l'UDC Ueli Maurer, qui estime qu’il ne faut pas être «supermoraliste» à propos des constructions offshore. «Il a dit cela? semble s’étonner la ministre de la justice. Peu importe, ce ne serait pas si surprenant que nous n’ayons pas le même avis sur de telles questions». 

Alain Berset soutient la distribution de cannabis

Un cinquième de la population suisse consomme ou a déjà consommé du cannabis, malgré l’interdiction. Pour le conseiller fédéral en charge de la santé Alain Berset, «nous ne pouvons pas simplement détourner le regard, mais devons examiner de nouvelles idées sans oeillères», indique-t-il dans la NZZ am Sonntag. Le Fribourgeois dit sa bienveillance à l’égard des projets menés par plusieurs grandes villes suisses, de tester la distribution expérimentale de cannabis à des clients réguliers. «Nous saluons le fait que de nouveaux modèles et chemins soient testés, si tant est qu’ils s’orientent vers le droit existant.»


Qui finance les activités des mosquées en Suisse? 

L’affaire de la poignée de mains de Therwil (BL) a des effets en cascade. La Fondation du roi Fayçal, qui contribue à financer les activités de la mosquée que fréquentait les deux garçons à Bâle, est sous le coup d’investigations de la part de la Surveillance fédérale des fondations, selon la NZZ am Sonntag. Les flux financiers de la fondation font aussi l’objet d’une enquête du Ministère public de la Confédération, ajoute le journal, citant toutefois une seule source bien informée. Il s’agirait de vérifier, comme la fondation a été mise en lien à plusieurs reprises avec des groupements extrémistes, si l’argent reçu bénéficie uniquement aux activités de la mosquée.

L’administrateur de la Fondation Fayçal, Nabil Arab, indique qu’auparavant, des dons annuels de 20’000 à 30’000 francs provenaient d’Arabie saoudite, mais qu’aujourd’hui la Fondation vit exclusivement de dons des croyants. «Nous déclarons tous les dons et agissons conformément à la loi», affirme Nabil Arab, en précisant que sa fondation ne dispose même pas d’assez d’argent pour réparer la toiture de la mosquée.

La SonntagsZeitung et le Matin Dimanche s’intéressent à une autre fondation, qui finance elle aussi des lieux de culte ainsi que la formation d’imams: la TISS, Türkisch-Islamischen Stiftung für die Schweiz, ou Fondation turco-islamique pour la Suisse. Cette fondation pose problème, selon les dominicaux, de par sa proximité avec le pouvoir turc et son chef Recep Tayip Erdogan, «qui a imposé une politique religieuse et nationaliste peu tolérante», estiment les journaux. La TISS est placée sous la direction du Ministère turc pour la religion. Des dizaines de mosquées en Suisse et environ cinquante associations gérant des lieux de culte, par exemple à Plan-les-Ouates (GE), Vétroz(VZ), Renens (VD), Moudon (VD), Neuchâtel et Bienne (BE), sont reliés à la fondation, qui s'occupe de rédiger les prêches du vendredi. Trente-cinq imams formés en Turquie seraient aujourd’hui actifs en Suisse, dont «la rémunération reste un mystère», ajoutent les dominicaux.


Migros prône une ouverture des commerces jusqu'à 23 heures


Et si les commerces de détail en Suisse pouvaient, selon la demande, ouvrir jusqu’à 23 heures du lundi au samedi? Cette proposition est faite par le patron de Migros, Herbert Bolliger, dans Schweiz am Sonntag. «Nous n’avons pas besoin de loi régissant les heures d’ouverture des commerces. (..) Les consommateurs devraient décider.» Une prise de position qui s’inscrit dans un débat politique en cours. Cette semaine, la commission compétente du Conseil des Etats s’est prononcée en faveur d’une loi nationale permettant l’ouverture des commerces jusqu’à 20 heures en semaine et 18 heures le samedi. La Chambre des cantons s’était jusqu’ici refusée à une uniformisation nationale, suivant l'avis des cantons. Les promoteurs d'une prolongation mettent quant à eux en avant la forte pression exercée par le tourisme d'achat sur les distributeurs suisses.

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