Les flâneries de Pierre Bayenet entre Genève et Bardonnex n’en finissent pas de faire causer. Prétendant d’Ensemble à gauche à l’exécutif de la ville de Genève, l’avocat est domicilié depuis décembre seulement à Plainpalais, alors que sa famille réside toujours dans le sud du canton, où elle est propriétaire. Pour corser l’affaire, il est sous-locataire, a appris Le Temps.

Des combines qui en agacent plus d’un, à commencer par certains élus du Parti du travail (PdT) – lequel présente aussi une candidate, Maria Perez. Lundi, le conseiller municipal Tobia Schnebli a déposé un recours contre la candidature de Pierre Bayenet. Au motif que son déménagement récent pose problème, puisque la loi sur l’exercice des droits politiques stipule que le domicile est fonction du «centre des intérêts» de la personne concernée. Pour Tobia Schnebli, courroucé par le fait que «certains tordent la loi» pour pouvoir se présenter devant le peuple, il ne fait aucun doute: ses intérêts ne sont pas à Genève. Pourtant, le Service des votations en a jugé autrement. La semaine dernière, il a validé, après vérifications de l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), le dossier du prétendant à l’exécutif.

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«Ce domicile n’est absolument pas durable»

Fin de l’histoire? Légalement peut-être, moralement c’est à voir. Après vérifications, il apparaît que le trois-pièces de Plainpalais loué par l’ancien avocat des squatters est une sous-location. Le locataire n’y habite pas, étant domicilié dans une maison sur la commune de Vessy. Ce dont Pierre Bayenet ne se cache pas: «Je sous-loue ce logement à deux colocataires, en accord avec le propriétaire, avec un bail d’un an renouvelable. Lorsque ma famille viendra me rejoindre, j’espère trouver un plus grand appartement.» Pour Tobia Schnebli, c’est une preuve supplémentaire d’une domiciliation de circonstance: «Cela corrobore mon recours: ce domicile n’est absolument pas durable.»

Par les temps qui courent, on ne badine pas avec la morale en politique. Qu’en dit Pierre Bayenet? «Je n’ai pas de problème moral avec l’utilisation d’un appartement provisoire. Quant au parachutage politique que Maria Perez me reproche, je réponds que dans un canton-ville, il n’y a pas d’aspect hors-sol. Bardonnex-Genève n’est pas comparable à Marseille-Paris!» Pour sûr. Mais musarder à Genève en attendant le verdict des urnes pourrait éventuellement dérouter l’électeur.