De nouveau, la délicate question de l’essentialité est posée. Dès lundi, les commerces considérés comme non essentiels devront fermer leurs portes. Et ce jusqu’au 28 février. Pourtant, contrairement au mois de mars, la liste des exceptions s’allonge. Ainsi, et sans exhaustivité, sont désormais considérés comme essentiels les fleurs, le matériel de jardinage ou encore la quincaillerie. Détaillée par l’ordonnance fédérale, la liste suscite de nombreuses interrogations de commerçants auprès de leurs faîtières. «Je suis un peu dépitée. C’est très compliqué et fatigant. Qu’est-ce qu’on qualifie de bien essentiel ou non essentiel? Le matériel photographique, est-ce un bien essentiel? Alors ça veut dire quoi pour les commerçants: qu’ils ferment la moitié d’un magasin?» s’interroge Sophie Dubuis, présidente de la Fédération du commerce genevois.


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Ces interrogations ne se limitent pas à l’énumération des «biens de nécessité de consommation courante» qui échapperont aux restrictions. Se pose par exemple la question des masseurs ou des esthéticiens. Tomberont-ils sous le même régime que les établissements proposant des services, à l’instar des salons de coiffure ou des blanchisseries, qui demeurent autorisés à exercer? La question reste en suspens. Quant aux garages et magasins de vélos disposant d’un service de réparation, ils pourront eux aussi poursuivre leurs activités, comme en mars dernier. «On est mitigés. D’un côté, on est contents de rester ouverts mais, de l’autre, on craint de nouveau l’absence de clientèle comme au printemps dernier. Durant trois bonnes semaines, on n’a pas eu un seul téléphone et donc aucune rentrée», s’inquiète Philippe Emery, du garage Warm Up, à Fribourg.

Commerces alimentaires et marchés

Essentielles bien sûr, les denrées alimentaires. Dès lors, les magasins d’alimentation pourront rester ouverts. Et ce même après 19 heures ou le dimanche. Pour les grandes surfaces qui proposent un assortiment mixte, il s’agira toutefois de restreindre une nouvelle fois l’accès aux marchandises non essentielles afin de limiter les achats aux biens de première nécessité. «On applique fidèlement les mesures fédérales et régionales si elles vont plus loin. Depuis mars, notre concept sanitaire fonctionne et nous n’avons pas constaté de cluster dans nos filiales. Et lorsqu’il y a des restrictions dans l’assortiment, on fait au mieux pour les interpréter, en accord avec la police régionale», tempère le porte-parole de Migros, Tristan Cerf.

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Dans cette salve de nouvelles fermetures, la bonne nouvelle est peut-être à trouver du côté des marchés. Alors qu’en mars dernier leur fermeture avait créé un tollé, les maraîchers seront cette fois autorisés à tenir leur stand. «C’est une excellente nouvelle, qui corrige l’erreur du printemps dernier. C’est un immense soulagement», conclut Urs Gfeller, maraîcher bio à Sédeilles.