Elle peine encore à réaliser. Arrivée en troisième position et nouvelle élue, la socialiste Florence Nater vient de poser pour la photo officielle avec ses quatre autres collègues du gouvernement. L’ancienne présidente du PS neuchâtelois est aujourd’hui conseillère d’Etat, alors même que son parti perd un siège. Interview.

«Le Temps»: Il y a eu beaucoup d’émotions aujourd’hui. Comment les résumer?

Florence Nater: A titre personnel, c’est une immense joie. Mon score va au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. Je ressens énormément de reconnaissance envers mon parti et les Femmes socialistes. Toutefois, une certaine déception collective est également présente. Nous espérions pouvoir maintenir la majorité du Conseil d’Etat à gauche. Nous n’avons pas réussi. Dont acte.

Comment expliquez-vous cette perte de majorité?

Je peine à analyser les résultats. C’est difficile à chaud. Je constate qu’il y a eu une très forte mobilisation à droite, où le message est visiblement mieux passé. Le Grand Conseil s’est ainsi repositionné vers le centre droit. Nous sommes également dans une situation de sortie de crise, où les attentes sont grandes, avec peut-être une envie de changement.

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N’est-ce pas un peu rageant? A gauche, cela fait des années que vous militez pour une meilleure représentation féminine. Et aujourd’hui, c’est le PLR qui en récolte les fruits?

Rageant n’est pas le bon mot. Durant un débat, j’avais lancé sous forme de boutade que, nous, les Femmes socialistes n’enverrions pas de facture au PLR… Durant la campagne, qui a été vive, on a mélangé deux choses: l’enjeu de la représentation féminine et la question de la défense d’un projet de société. Les femmes ne sont pas monochromes. Avec Madame Graf, nous avons des positionnements politiques différents. Mais je suis persuadée que nous pourrons trouver des accords sur des sujets comme la conciliation vie privée/vie professionnelle et l’emploi.

Comment vous projetez-vous dans cette législature? Y a-t-il un département qui vous attire davantage?

De par ma formation et mon parcours [Florence Nater est aujourd’hui directrice de la Coordination romande des associations d’action pour la santé psychique, ndlr], je suis naturellement attirée par celui de la santé. Mais nous devons mener la discussion avec mes collègues. Cette nouvelle équipe est peut-être l’occasion de mener un réaménagement au sein des départements.