L’année 2020 sonne comme celle du renouveau pour le PLR Valais. Les instances du parti et de ses jeunesses (JLR) vont vivre un véritable lifting. Huit membres des comités exécutifs – quatre au PLR et quatre au JLR –, dont les deux présidents, ont annoncé leur départ. Elu à la tête des libéraux-radicaux en 2016, René Constantin avait averti que son mandat ne durerait qu’une seule période législative. Son successeur sera désigné mercredi par l’assemblée générale extraordinaire du parti. Seul candidat officiel, Florian Piasenta reprendra normalement les rênes du PLR Valais.

Le Temps: Dans votre région de la vallée du Trient, tout le monde connaît Florian Piasenta, le président de la commune de Salvan et directeur du zoo des Marécottes. Mais qui êtes-vous réellement?

Florian Piasenta: Je suis quelqu’un d’ouvert, d’entreprenant et de travailleur. Depuis tout petit, je rêvais d’être hôtelier-restaurateur et président de ma commune. Aujourd’hui, j’y suis [sa famille possède deux restaurants et va bientôt ouvrir un hôtel au cœur du zoo des Marécottes]. La suite s’est faite naturellement. J’ai décidé de me porter candidat pour le poste de président du parti suite aux élections fédérales.

C’est cette patte, jeune, dynamique, ouverte, que vous voulez apporter au PLR Valais?

Le PLR est un parti qui se veut ouvert. Il faut mettre en avant cette ouverture, qui nous différencie des autres partis de droite. Mais nous sommes aussi le parti de l’économie et il est indispensable de le rester. Je veux que le PLR continue de défendre ce thème et d’être le parti qui soutient aussi bien les PME que les grandes entreprises de notre canton.

Lors des dernières élections fédérales, vous vous êtes présenté sur la liste Avenir Ecologie libérale-radicale, un mouvement de droite sensible à la problématique du climat et apparenté aux libéraux-radicaux. Vous représentez donc le tournant écologique du PLR Valais?

Mon élection ne marquera pas un virage vert au sein du PLR. Cela se fait naturellement et continuera à se faire. Nous devons être le parti qui allie fortement économie et écologie. Si l’empreinte carbone de la Suisse est minime, cela ne nous donne pas le droit de ne pas agir. Nous devons être un modèle, ce que nous essayons de faire, par exemple, dans la vallée du Trient avec notre volonté de décrocher le label «Parc naturel régional».

Vous n’avez jamais vécu d’expérience politique au niveau cantonal ou fédéral. N’est-ce pas un handicap au moment de prendre la tête du PLR Valais?

Oui, ce peut être un handicap, car je ne serai pas au cœur des institutions, où l’on débat des thèmes importants pour le canton. C’est pour cette raison qu’il sera nécessaire pour moi de bien m’entourer, d’où ma volonté d’agrandir le comité exécutif du parti, pour y intégrer les élus, qu’ils siègent au parlement ou au gouvernement cantonal ainsi que sous la coupole fédérale. Cela me permettra d’avoir un accès direct aux informations importantes. Je ne souhaite pas devenir «un professionnel» de la politique. Je suis persuadé qu’il est nécessaire de garder un pied dans le privé.

Les prochaines échéances électorales approchent à grands pas, avec les élections communales cet automne puis en mars 2021 le renouvellement des institutions cantonales. Quels sont vos objectifs pour ces rendez-vous électoraux?

Pour les élections communales, l’objectif est de garder la présidence des grandes communes que sont Sion, Martigny ou encore Crans-Montana et, parallèlement à cela, de maintenir notre nombre de sièges au sein des exécutifs communaux, car les meilleurs ambassadeurs du PLR restent les conseillers communaux et les présidents de commune. Aujourd’hui, les électeurs votent de plus en plus pour des personnes et non plus pour des listes. A nous de trouver ces perles rares pour atteindre nos objectifs. Cela passe notamment par la mise en avant des femmes. Dans l’idéal, je souhaite que le PLR propose des listes paritaires pour chaque élection. En ce qui concerne les cantonales, si le renouvellement de la députation est important, la réélection de Frédéric Favre l’est encore plus. Il est primordial pour le PLR d’avoir un représentant au gouvernement cantonal.

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Inconnu en politique en 2017, Frédéric Favre doit son élection à la volonté populaire de voir Oskar Freysinger quitter le gouvernement, mais aussi au soutien du PDC. Dans 14 mois, les démocrates-chrétiens voudront sauver leurs trois sièges au Conseil d’Etat et n’auront que peu d’empathie pour le PLR. Est-ce que vous craignez la perte de ce fauteuil?

Frédéric Favre fait un travail formidable, il gère ses dossiers avec brio. Il a sa place au gouvernement. Et aujourd’hui, représentant moins de 35% de l’électorat, le PDC doit avoir deux sièges au Conseil d'Etat et non plus trois. La formule idéale est deux PDC, un PLR, un socialiste et un UDC.

Comment y arriver? Pour 2021, le PDC doit-il renoncer à chercher un successeur à Jacques Melly et ne présenter sur sa liste que Christophe Darbellay et Roberto Schmidt?

Oui. Le PDC doit revoir sa copie et arriver avec deux candidats pour l’élection au gouvernement et non pas trois. Mais est-ce que les démocrates-chrétiens le feront? Personnellement, je l’espère. En revanche, une chose est sûre, une alliance avec le PS et l’UDC n’est pas envisageable pour faire perdre au PDC son troisième siège s’il décide de présenter trois candidats. Nous défendrons les valeurs libérales-radicales pour faire réélire Frédéric Favre.

Un rapprochement PLR-PDC a été évoqué au lendemain des élections fédérales de cet automne. Est-ce envisageable dans un futur proche?

Même si le PDC est le parti dont nous sommes le plus proches, une telle alliance n’est pas envisagée à l’heure actuelle. Chaque parti doit défendre son bifteck.

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Le PLR Valais sort des élections fédérales avec un goût amer. Votre parti espérait deux élus au Conseil national et un aux Etats. Finalement, il n’a pu conserver que le siège de Philippe Nantermod à la Chambre du peuple…

Si nous n’avons pas atteint notre but, notre objectif de base est rempli. Il ne s’agit donc pas d’un échec cuisant. Mais il est clair que notre volonté reste de récupérer ce second siège au National, perdu en 1999, et de glaner un des deux sièges aux Etats, en mains PDC depuis toujours. Le Valais doit être représenté par deux partis aux Etats. Nous nous battrons à nouveau pour cela dans quatre ans.

Pour y arriver, il faudra renforcer votre présence dans le Haut-Valais, où, même si vous vous présentez comme l’unique parti réellement cantonal, vous êtes quasiment inexistant…

C’est effectivement un autre grand défi qui m’attend. Mon objectif est d’obtenir 2 à 3% des votes dans le Haut-Valais, contre moins de 1% aujourd’hui. Pour cela, il n’y a pas de miracle, il faut être présent sur le terrain, avec des personnes compétentes. Nous en avons quelques-unes, mais il en faut plus. Il faudra également présenter des candidats haut-valaisans lors des prochaines échéances électorales. Je compte aussi intégrer deux ou trois représentants de la partie germanophone du canton au sein du comité exécutif du PLR Valais. C’est une chance d’être un parti unique et de ne pas avoir une fraction dans chaque région linguistique, nous devons en profiter.


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