Le président de la Confédération vit sans aucun doute la semaine la plus chargée en rencontres diplomatiques de sa carrière, avec en point d’orgue des rencontres successives avec les présidents américain et russe.

Cette année, hasard du tournus présidentiel entre les conseillers fédéraux, c’est donc sur les épaules de Guy Parmelin que repose la représentation de la Suisse. Un destin d’exception pour l’agriculteur-vigneron de Bursins, sur La Côte, qui a gravi un à un tous les échelons politiques, du conseil communal de son village jusqu’au Conseil fédéral. A 61 ans, le Vaudois renvoie une image de politicien plutôt en retrait, collégial et jovial, dont les cinq ans et demi au gouvernement n’ont pas jusqu’ici laissé d’impérissables moments. La semaine en cours a le potentiel de changer cette perception. Mais le programme de Guy Parmelin est intense.

De la Suède à Genève

Tout aura débuté par un dimanche de votations tendu, et le rejet de deux initiatives sur les pesticides particulièrement cher au cœur du terrien de l’UDC. Dimanche soir, Guy Parmelin s’est donc réjoui d'«un choix qui garantit l’avenir» de notre agriculture «et qui assure la sécurité alimentaire de notre pays».

A peine le temps de savourer la victoire, le président fait ses valises.

Lundi, il a entamé sa semaine par une visite officielle en Suède, où il a été reçu par le roi, Carl XVI Gustaf. Il a ensuite rencontré le premier ministre, Stefan Löfven, et plusieurs membres de son gouvernement. Des discussions qui ont notamment débouché sur la signature commune d’une déclaration d’intention des agences suisse et suédoise pour l’encouragement de l’innovation «en vue d’approfondir la coopération».

Mais Guy Parmelin n’aura pas eu le temps non plus de profiter des longues soirées d’été à Stockholm. Les choses vraiment sérieuses commencent en effet mardi en fin d’après-midi. Le Vaudois connaîtra le premier moment historique de sa présidence, à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau du village qui l’a vu grandir.

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Cap sur l’hôtel Intercontinental à Genève pour une rencontre avec Joe Biden, fraîchement débarqué d’Air Force One. L’homme, dont les capacités linguistiques en anglais avaient été moquées jusqu’à New York lors de son accession au Conseil fédéral, aura la tâche d’aborder avec le président américain le «renforcement durable des relations économiques et de la collaboration étroite dans les domaines de la formation et de la recherche», ainsi que les bons offices de la Suisse, selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Lors de cet entretien seront aussi présents, côté américain, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Antony Blinken, et le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan. Le président suisse sera lui accompagné de son collègue au gouvernement Ignazio Cassis (DFAE) et des secrétaires d’Etat Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch et Livia Leu. A l’issue de la discussion, les deux conseillers fédéraux tiendront une conférence de presse aux alentours de 18h30.

Après Joe Biden, Vladimir Poutine

Le lendemain, tous les regards seront braqués sur la Villa La Grange, et le sommet russo-américain. Guy Parmelin, lui, devra attendre que la grande rencontre diplomatique se termine avant de pouvoir à son tour s’entretenir avec le président russe, Vladimir Poutine, et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, épaulé de la même délégation que la veille, pour «un dialogue constructif et critique avec la Russie afin de renforcer encore nos relations».

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On dit Guy Parmelin à l’aise dans le rôle d’hôte, plaisantant volontiers avec ses homologues. Mais il devra faire preuve de davantage que de sociabilité terrienne pour faire face successivement à deux des hommes les plus puissants de la planète, commentait dimanche la SonntagsZeitungCertains commentateurs avaient toutefois relevé la bonne prestation de l’élu UDC lors de sa récente rencontre à Bruxelles avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Dès jeudi, les affaires reprendront quoi qu’il arrive du côté de Berne, avec les deux derniers jours de la session d’été des Chambres fédérales. Vendredi, la longue semaine du président se conclura par une séance du Conseil fédéral de la plus haute importance. Au programme: de possibles aménagements des mesures sanitaires et surtout une décision très attendue qui pourrait être prise sur le choix du futur avion de combat de l’armée suisse.

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