On efface tout et on recommence. Vendredi, pour sa treizième réunion, le Conseil d’Etat et les représentants de la fonction publique ont décidé de «remettre les compteurs à zéro». Ce qui veut dire? «Qu’on fait abstraction des propositions de l’an dernier des uns et des autres pour se tourner vers l’avenir», répond François Longchamp, président du Conseil d’Etat.

Douze séances de négociation et sept jours de grève pour arriver à la case départ? «Pour recommencer, il aurait déjà fallu qu’on commence, répond Serge Dal Busco, ministre des finances. Objectivement, ces séances n’auront pas servi à grand chose. Il fallait donc repartir sur de nouvelles bases.» Abandonnées, les mesures structurelles qui prévoyaient l’équivalent de 5% de réduction de charges de personnel? Abandonnées, les revendications dont les syndicats se prévalaient depuis la dernière assemblée générale du personnel, dont la création d’emplois? A une affirmative pleine et entière, Serge Dal Busco préfère une tournure indirecte: «Nous avons décidé de nous mettre dans une posture intellectuelle où on entend les autres. Personne n’est revenu en arrière sur quoi que ce soit, mais à l’absence de dialogue, qui a été la posture jusqu’ici, nous voulons désormais l’apaisement et la sérénité.»

De fait, le président du Cartel intersyndical Marc Simeth semble aussi s’être décrispé. Car pour lui, la menace a reculé, «puisque les mesures structurelles ne pèsent plus sur les discussions». De son côté, François Longchamp salue le fait que pour une fois, les représentants de la fonction publique ont présenté les choses de la même manière que le Conseil d’Etat, «une avancée significative dans la direction de la confiance».

Reste qu’il faudra bien croquer un jour prochain les pommes de discorde. Trois séances sont prévues jusqu’en juin, durant lesquelles il sera question du budget 2017, de la réforme de la grille des salaires de l’Etat (Score), de l’organisation des services, de RIE III et de la caisse de pension, excusez du peu. On verra alors si un nouvel esprit constructif est à l’oeuvre, ou s’il masquait un atermoiement de plus.