Une semaine pour conclure ou pour rompre. Les négociations entre le gouvernement vaudois et les syndicats sur le statut de la fonction publique traversent le moment le plus délicat depuis leur ouverture en octobre dernier. L'Etat-patron et ses employés s'étant donné jusqu'à vendredi prochain pour tenter de conclure de manière concertée un nouveau contrat, la tension est à son comble à l'approche de l'échéance. Pour le gouvernement, tous les éléments permettant de conclure un «paquet équilibré» sont désormais posés. Pour les trois organisations du personnel, en revanche, il n'en est rien. Rejetant la position gouvernementale comme largement insuffisante, elles ont lancé d'une seule voix, mardi soir, un préavis de grève pour le 3 février, afin d'arracher des concessions de dernière minute (Le Temps du 20 janvier).

Les jours à venir seront décisifs

Mais les jours qui viennent seront aussi décisifs pour l'unité du mouvement syndical, qui est très fragile mais qui a tenu bon jusqu'à présent. Divisées à plusieurs reprises ces dernières années, les organisations du personnel avaient réussi à fin 1998 deux journées de lutte, grève comprise, contre la contribution de solidarité. Toutes trois sont allées à la table de négociation, où elles sont restées. Mais la motivation à conclure est diverse. Si la Fédération des sociétés de fonctionnaires (FSF) partage certaines des aspirations du gouvernement à se rapprocher des conditions d'emploi en vigueur dans le secteur privé, ce n'est pas le cas des syndicats SUD et SSP. C'est peut-être sur le sens des enjeux que les visions divergent le plus: «La bataille du statut ne doit pas être un combat pour réformer la société vaudoise, ni une lutte contre le libéralisme», souligne ainsi Jean-Christophe Sauterel, négociateur de la police. Pour Michela Bovolenta, du SSP, les conditions pour réussir une grève sont globalement réunies. Les conditions de travail sont difficiles, notamment dans les hôpitaux, relève-t-elle. Avant Noël, une manifestation a déjà réuni 10 000 fonctionnaires.

Le gouvernement vaudois veut surtout assouplir les règles d'engagement et la politique salariale. Il propose en contrepartie une réduction du temps de travail, qui constitue l'essentiel de son offre (voir ci-dessus). Ces améliorations ne concernent pas le corps enseignant. Celui-ci, qui représente un tiers des fonctionnaires, devrait bénéficier de compensations équivalentes, d'une valeur de 10 à 13 millions de francs, mais qui n'ont pas encore été négociées. La nouvelle politique du personnel de l'Etat de Vaud ne devant pas coûter un sou de plus, l'amélioration des conditions de travail sera financée en rognant sur les prestations de la caisse de pension.

Lundi, le patron des Finances, Charles Favre, a indiqué aux fonctionnaires que la marge de manœuvre pour aller au-delà de son offre était très restreinte. Après l'ultimatum du préavis de grève, on attend maintenant la position écrite du gouvernement. En cas d'échec de la négociation, la droite vaudoise envisage une initiative populaire sur la question. Les associations de leur côté prendront position ces prochains jours. Les négociateurs se retrouveront le 27 janvier au matin pour le marchandage d'ensemble. Le soir, une nouvelle assemblée générale des fonctionnaires en tirera les conclusions.