Les fonctionnaires valaisans contestent l’une des mesures d’économies décidées par le parlement. Mais c’est après l’ensemble des projets de restrictions budgétaires qu’ils en ont. Leur référendum, déposé mercredi avec 9500 signatures, s’oppose au décret urgent voté par le Grand Conseil en mars dernier. Baptisé ETS1, pour «Examen des tâches et des structures de l’Etat», il décide l’économie de 40 millions de francs, dont 20 dans l’enseignement.

«Ce sont surtout les mesures d’encadrement des élèves les plus faibles qui sont visées pour l’année scolaire 2014-2015», analyse Marylène Volpi Fournier, présidente de la Fédération des magistrats, des enseignants et du personnel de l’Etat du Valais (FMEP).

Ces économies s’ajoutent à celles déjà réalisées au budget 2014 pour un total de 28,5 millions. Ces coupes budgétaires ont touché tous les départements. Le Département de la formation et de la sécurité, comptant le plus de personnel, est aussi le plus touché, avec 10,5 millions d’économies.

Pour le budget 2015, 135 millions d’économies sont déjà prévus. «ETS2, le deuxième volet des mesures d’économies, prévoit déjà d’économiser 100 millions par an dès 2016», ajoute Marylène Volpi Fournier. Selon la FMEP, une lettre de l’Etat du Valais est parvenue à plus de 18 000 personnes – fonctionnaires et employés d’institutions para-étatiques – en juin dernier. «Il [l’Etat] envisage une réduction des dépenses par une baisse des subventions et une éventuelle diminution de la masse salariale du personnel de l’Etat», écrit le gouvernement.

«Prestations menacées»

«Le personnel de l’Etat a déjà vécu de nombreuses économies, souligne Albert Stalder, président de l’association des employés de l’Etat. Aujour­d’hui, si les budgets diminuent encore, ce sont des prestations qui disparaîtront.» Des baisses de prestations qui toucheront, ou touchent déjà, les personnes bénéficiaires des subventions aux caisses maladie, le budget de l’Hôpital du Valais, les EMS, les travaux de la 3e correction du Rhône, l’appui aux élèves en difficulté…

«L’Etat du Valais fait partie des administrations publiques les moins dotées en personnel en comparaison nationale», estime Marylène Volpi Fournier, présidente de la FMEP et députée verte au Grand Conseil. «Il y a beaucoup de burn out au sein de l’Etat, ce qui indique que nous n’allons pas dans la bonne direction», dit Albert Stalder.

Le référendum contre ETS1, sur lequel les Valaisans voteront le 28 septembre, n’aura d’effet que sur les 40 millions d’économies décidés par le parlement en mars dernier et non sur l’ensemble des mesures prévues. «Mais il permettra d’attirer l’attention des gens sur les mesures à venir et de dire aux parlementaires que les fonctionnaires ne peuvent pas assumer seuls ces coûts, explique Marylène Volpi Fournier. Les projets d’économies du gouvernement comportent tous un volet d’économies et un volet d’augmentation des recettes par le biais d’une augmentation des impôts. Or, le parlement ­valide les coupes budgétaires mais refuse le deuxième volet.» Ce référendum s’inscrit dans une dynamique globale qui verra aussi le lancement, par les Verts, d’une initiative visant à assouplir le frein aux investissements prévu dans la loi valaisanne. Une opération agendée pour septembre.