Nomination

Sur fond de polémique, Anne-Catherine Lyon renonce à la présidence des Beaux-Arts

Plébiscitée par ses anciens collègues du Conseil d'Etat à la présidence du Musée des beaux-arts, l'ancienne conseillère d'Etat baisse les bras, arguant d'une charge trop importante. Certains reprochaient à cette nomination d'être entachée par des conflits d'intérêts

Anne-Catherine Lyon ne présidera pas la Fondation pour le Musée cantonal des beaux-arts. L’ancienne conseillère d’Etat vaudoise renonce à cette charge, que lui avait accordée le gouvernement vaudois.

Non reconduite par son parti pour les dernières élections cantonales, Anne-Catherine Lyon a porté, avec Pascal Broulis, le projet Plateforme 10, c’est-à-dire la vaste construction en cours à l’ouest de la gare de Lausanne, qui comprendra, à terme, le Musée des Beaux-Arts, le Musée de design et d’arts appliqués contemporains (Mudac) et celui de l’Elysée.

Une charge trop grande

Citée dans un communiqué du Conseil d’Etat, l’ancienne ministre «a fait valoir l’importance de la charge que représentent les travaux préparatoires à la mise en place d’une telle institution ainsi que son démarrage, pendant au moins les douze prochains mois, au regard de la marge de manœuvre et de la disponibilité dont elle entend désormais disposer pour mener d’autres activités et projets».

L’attribution de cette présidence prestigieuse est apparue à certains comme un cadeau de départ. D’autant qu’elle s’est impliquée pendant des années pour le renouvellement des Beaux-Arts, ayant d’abord soutenu et défendu l’option au bord du lac, à Vidy, rejetée en votation en 2008. Abordant ce sujet dans une interview pour Le Temps il y a quelques semaines, elle a tenu à préciser: «Ce dossier a été confié à mon collègue Pascal Broulis depuis l’origine.»

A ce propos: Anne-Catherine Lyon: «On ne fait pas ce métier pour être aimée»

Une proche à la tête du Mudac

La question du pilotage de la Plateforme 10 par Anne-Catherine Lyon est devenue encore plus sensible par le fait que la directrice du Mudac, Chantal Prod’Hom, est une proche de l’ancienne ministre de la Formation et la Culture. «Coterie», a dénoncé le député veveysan Jérôme Christen dans 24 heures, cité à nouveau ces jours par Bon pour la tête, qui a fustigé «une gouvernance d’un autre âge, ponctuée de petites collusions locales».

A cette heure, les membres du Conseil d’Etat, qui ne veulent pas communiquer plus avant, «regrettent» la décision de leur ancienne collègue, eu égard à ses compétences et «sachant par ailleurs combien la poursuite et l’achèvement du projet lui tiennent à cœur». Ils ne précisent pas la suite des opérations pour la présidence de la fondation du Musée des beaux-arts.

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