Vaud

La Fondation pour l’accueil de jour prend parti pour la baisse de l’impôt sur le bénéfice

De nouveaux moyens ont été promis pour l’accueil préscolaire et parascolaire, en contrepartie de la réforme fiscale soumise aux Vaudois le 20 mars

La Fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE) dans le canton de Vaud recommande aux électeurs d’accepter la réforme de la fiscalité des entreprises, soumise au peuple le 20 mars. Questions à Sylvie Lacoste, nouvelle secrétaire générale de cette organisation.

Est-ce bien à une organisation comme la vôtre de prendre parti sur une votation essentiellement fiscale?

La FAJE se garde bien de se prononcer sur le fond d’un dispositif fiscal qui n’est ni de son ressort ni de sa compétence. Il se trouve qu’en regard de cette réforme l’augmentation des participations de l’Etat et des employeurs au financement de l’accueil de jour a été négociée. Un refus de la réforme entraînerait une remise en cause des engagements pris par ces partenaires. Il nous appartient d’indiquer clairement aux parents et aux réseaux d’accueil que ces montants sont indispensables au développement de l’accueil de jour.

A combien se monteront les nouveaux moyens attendus et comment se traduiront-ils dans la couverture des besoins?

Aujourd’hui la FAJE dispose d’environ 64 millions. Demain, les montants estimés se situeront à 113 millions. ce qui n’est pas loin du double. Avec cet argent supplémentaire, nous continuerons de soutenir le développement des places d’accueil. Depuis 2010, celui-ci croit en moyenne de 7% par an dans le domaine préscolaire et de 11% dans le domaine parascolaire. Nous soutiendrons aussi l’introduction de la journée continue, avec élargissement de l’accueil parascolaire des enfants de 4 à 12 ans, pour tous les parents en faisant la demande.

Le taux d’accueil de jour dans le canton de Vaud est encore loin de l’objectif visé de 25%. Le manque d’engagement des communes étant en cause, ne faudrait-il pas faire pression sur elles plutôt que sur les électeurs?

La couverture exprimée en pourcent (12,7% dans le parascolaire et 19,3% dans le préscolaire) peut paraître encore basse. Mais il est faux de dire que les communes manquent d’engagement. Ce sont elles qui assument la part la plus importante du financement global, soit 40% en moyenne du coût de l’accueil de jour. Quelque 10 000 places ont été créées en dix ans, soit le double de l’objectif initial.

L’accueil de jour est souvent bon dans les villes, mauvais en dehors. Les nouveaux moyens seront-ils affectés à réduire ce déséquilibre?

Cette perception doit être considérablement nuancée. Certains réseaux ruraux affichent des taux de couverture que certaines villes pourraient leur envier. En revanche, on constate que des problèmes de locaux (rareté et prix d’accès), de position géographique excentrée, ou de capacité contributive des parents créent des inégalités de moyens entre les réseaux. La FAJE y réfléchit. À côté d’une augmentation du taux actuel de subventionnement, l’option d’un ciblage de cette aide prenant en compte ces disparités est à l’étude.

Le canton de Vaud est-il en retard dans ce domaine?

Non. Avec son financement paritaire, le dispositif mis en place est plutôt exemplaire. Les parents vaudois paient en moyenne 38% du coût total de l’accueil, contre 66% pour les parents zurichois. Ce qui est en train de se dessiner, avec l’adoption de la réforme fiscale des entreprises et des contreparties sociales qui lui sont liées, est justement un engagement financier plus grand, non seulement des pouvoirs publics, mais également du monde de l’économie.

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