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Christine Bussat a quitté le PBD pour l’UDC.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Vaud

La fondatrice de la Marche blanche veut «déstigmatiser l’UDC»

En février, Christine Bussat, 44 ans, démissionnait du Parti bourgeois démocratique (PBD) en précisant qu’elle ne comptait pas rejoindre une autre formation politique «pour l’année, ou les deux ans à venir». Mais la semaine dernière, la fondatrice de la Marche blanche annonçait son adhésion à la section vaudoise de l’UDC

- Le Temps: Christine Bussat, il y a quelques mois vous disiez que vous ne pourriez jamais vous «aligner sur l’UDC dont certaines idées vont trop loin». Vous décriviez alors le parti comme «populiste pur et dur», qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

- Christine Bussat: C’est le changement de la société par rapport à l’islamisme qui a fait évoluer mes réflexions. La section valaisanne de l’UDC a lancé dernièrement son initiative contre le port du voile chez les élèves et ça m’a plu. Je me suis dit que je voulais m’investir pour des causes comme celles-là.

Lire aussi : Christine Bussat qualifiée de bombe à retardement

- L’initiative valaisanne «pour des élèves tête nue dans les écoles publiques» est donc la principale raison de votre adhésion à l’UDC Vaud?

- Oui. Mon dégoût du voile n’est pas contre l’islam, c’est un signe de soumission, pas un signe religieux car le Coran ne le demande pas. Et le fait que la femme doive se couvrir en signe d’obéissance: ça m’énerve au plus haut point! Le message de celles qui portent volontairement le voile, c’est «je vaux moins qu’un homme». Nous, les femmes, avons mis bien assez de temps pour acquérir nos droits et j’ai l’impression que cela fait dix ans que les femmes n’évoluent plus: elles régressent. Mais je rejoins également l’UDC parce que j’ai envie de la déstigmatiser. «Racisme, xénophobie, populisme et homophobie». Ce sont les quatre mots qui sont attribués par la gauche et les médias pour décrire le parti. La gauche n’a plus de programme politique, il ne lui reste plus que la stigmatisation de l’UDC. Ada Marra, Christian Levrat, Cesla Amarelle ne peuvent prononcer une phrase sans dire le mot UDC.

- On remarque aussi un durcissement dans vos prises de position publiques sur les réseaux sociaux…

- Oui, parce qu’il y a eu tellement d’événements choquants ces derniers temps. Du refus de servir du porc dans les cantines scolaires au port du voile à l’école. Mais aussi l’ouverture d’un musée islamique à La Chaux-de-Fonds ou les prières des musulmans dans les locaux de l’aéroport… Je trouve que ça dégénère. En septembre dernier, la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage de Bodrum m’a beaucoup touchée. Je me suis dit: «il faut tous les accueillir!». Mais les agressions de Cologne, en décembre, où plus de mille femmes qui ont été agressées sexuellement par des migrants, des musulmans, m’ont refroidi. Je ne tolère pas beaucoup les migrants, ces hommes qui sont prêts à mourir à nos frontières parce qu’ils veulent des allocations ou je-ne-sais-quoi. Mais ils ne sont pas prêts à mourir pour défendre leur pays? Cela commence à m’énerver. Par contre, nous nous devons d’accueillir leurs femmes et leurs enfants. Mais si elles peuvent enlever leur voile, c’est bien aussi!

- C’est un peu extrême…

- Vous savez, il y a bien plus de gens que vous ne le pensez qui sont d’accord comme moi!

- Quels sont les domaines sur lesquels vous êtes en désaccord avec l’UDC?

- Contrairement à l’UDC, le mariage ou l’adoption d’enfants par des homosexuels ne me posent pas de problème. Si j’en ai l’occasion, j’aimerais leur exposer mon point de vue et tenter de les convaincre. Le problème c’est que lorsque l’on dit «couple d’hommes homosexuels», on a tout de suite l’impression que ce sont des gens qui vont aller en Afrique se chercher un gamin, alors que ce n’est pas ça. Et par rapport aux réfugiés, je ne connais pas bien leur opinion, mais je trouve que l’on se doit d’accueillir les familles qui sont en danger de mort.

- Qui de vous ou de l’UDC a fait le premier pas?

- C’est moi qui les ai contactés. Par contre, deux-trois personnes du PLR m’ont contactée avec insistance pour que je rejoigne leurs rangs. Le PDC aussi. Et même les Verts libéraux m’ont appelée!

- Vous êtes une proche d’Oskar Freysinger. Vous a-t-il encouragé à rejoindre le parti?

- Non, mais lorsque je lui ai fait part de ma décision, il m’a répondu que ça lui en bouchait un coin et que c’était une super nouvelle. Cela fait quinze ans que l’on travaille ensemble, nous partageons une véritable amitié, nos rapports sont très affectifs. On a des points communs dans notre façon d’être spontanés et d’appeler un chat un chat.

- Rejoindre la section vaudoise de l’UDC qui est un panier de crabes, ça ne vous a pas refroidi?

- Oui, en effet. C’était le foutoir dans cette section. Mais lorsque j’ai vu que c’était en phase de changer avec le départ de Claude-Alain Voiblet, je me suis dit: pourquoi pas?

- Vous rejoignez l’UDC Vaud à un an des élections cantonales, peut-on y voir un agenda caché?

- Non.

- Les papables pour le gouvernement vaudois, Michaël Buffat et Fabienne Despot, ont-ils du souci à se faire concernant votre venue?

- Je n’ai aucune vue sur le Conseil d’Etat mais si dans six mois, ils viennent me le proposer et qu’ils me poussent à y aller, pourquoi pas! Je n’ai vraiment pas de compétence pour siéger dans un exécutif. Mais il est vrai que je n’ai pas eu de message de bienvenue de la part de Michaël Buffat, ni de Fabienne Despot.

- Avec vos initiatives, vous vous êtes beaucoup mis en avant. Avez-vous l’impression d’amener à l’UDC un électorat qui vous est propre?

- Je ne sais pas, je n’y ai pas pensé.

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