Le ministère libyen des Affaires étrangères a démenti jeudi l’assertion que Mouammar Kadhafi aurait des fonds dans des banques en Suisse, ou ailleurs dans le monde. Il a menacé la Suisse de poursuites pour des «affirmations sans fondement».

Le gouvernement suisse avait annoncé un peu plus tôt le gel des avoirs éventuels du dirigeant libyen et de sa famille sur le territoire de la Confédération helvétique.

«Nous exigeons… que la Suisse prouve que le frère dirigeant a des fonds ou des comptes dans ses banques ou dans n’importe quelle autre banque dans le monde», a écrit le ministère dans une déclaration.

«Le Ministère des affaires étrangères va entreprendre toutes les procédures légales afin de poursuivre le gouvernement suisse pour ces affirmations sans fondement», ajoute-t-il. Le ministère ajoute que les déclarations suisses montrent «le degré d’animosité envers la Libye et son leader».

L’importance des biens du clan Kadhafi encore en Suisse reste mystérieuse, depuis les retraits massifs lors de la crise diplomatique qui a opposé les deux pays. La Banque nationale suisse (BNS) estime que 630 millions de francs se trouvent encore en Suisse sur les 5,7 milliards initialement recensés.

Des dizaines de milliards aux USA

Aux Etats-Unis par contre, la Libye détiendrait des milliards de dollars sur des comptes bancaires, selon une note diplomatique publiée par le site internet WikiLeaks.

Le fonds souverain libyen détiendrait 32 milliards de dollars et «plusieurs banques américaines gèrent chacune 300 à 500 millions de dollars», selon ce message rédigé en janvier 2010 par l’ambassade américaine à Tripoli.

Ces informations avaient été données aux Etats-Unis par le responsable de ce fonds (Autorité libyenne d’investissement), Mohamed Layas, qui a précisé que la plus grande partie de ces 32 milliards était conservée «sous forme de dépôts bancaires qui vont nous offrir de bons rendements à long terme».

Ces actifs pourraient devenir la cible de sanctions internationales. Aucune annonce dans ce sens n’a été prise, mais les autorités américaines ont récemment gelé les actifs de dirigeants de l’Iran, du Zimbabwe ou encore du Belarus.