Une cagnotte de 93470798 euros (144287727 francs), voilà les étrennes versées en cette fin d'année par le canton de Genève à la Haute-Savoie, au titre des fameux fonds frontaliers ou compensation financière genevoise. Pour rappel, c'est en 1974, après d'âpres négociations, que le canton a accepté de rétrocéder aux départements limitrophes une part de l'impôt prélevé sur les salaires des travailleurs frontaliers (dans les 3,5% de la masse salariale). La progression enregistrée cette année par rapport à 2007 est spectaculaire: 26,6%. Pour Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen basé à Annemasse, il y a trois explications à cette forte hausse: «Premièrement, une augmentation des travailleurs frontaliers (65712 en 2008 contre 63075 en 2007). Deuxièmement, une masse salariale plus importante. Enfin un taux de change plus favorable avec un franc suisse qui a retrouvé des couleurs face à l'euro.» M. Besson rappelle par ailleurs tout le bien que cette mesure a pu faire aux travailleurs frontaliers. «C'est une forme d'intégration, explique-t-il. Le frontalier participe ainsi à la vie de la collectivité là où il travaille et là où il réside. Un maire n'a plus jamais pu dire: tu es une charge pour notre commune.»

Soixante pour cent du magot est versé directement aux communes. Le quotidien régional Le Dauphiné Libéré a établi un classement des villes les mieux servies. Arrive en tête Annemasse (plus de 6 millions d'euros pour 7000 frontaliers) devant Saint-Julien-en-Genevois (4 millions d'euros pour 3000 frontaliers). En bas du classement figurent des villages ne possédant qu'un frontalier et ne recevant à ce titre que... 850 euros. Le reste de la somme alimente le budget du département et finance des projets à vocation frontalière, essentiellement tournés vers les transports.