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Cet accompagnateur en montagne observe le manteau neigeux. Il est responsable de relevés utilisés pour le bulletin d'avalanches du WSL, institut pour l'étude de la neige et des avalanches. 
© Pierre Albouy

Climat 

Fonte des neiges, les experts se montrent rassurants

Alors que cet hiver a enregistré un enneigement record, les températures très élevées de ce début de printemps laissent craindre une importante fonte des neiges. Météorologues et guides de montagne rassurent sur les risques d’inondation

L’or blanc est tombé en abondance cet hiver. Les températures sont restées basses en montagne, le manteau neigeux s’est bien épaissi. En revanche, le début du printemps a été très ensoleillé entraînant par conséquent une importante fonte des neiges. En 1999, une fonte similaire, couplée à des pluies diluviennes, avait provoqué de fortes inondations dans tout le pays. Un tel risque se présente-t-il aujourd’hui?

Une crue printanière?

Le Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture du canton de Genève (DETA) écarte le danger, pour le moment du moins. Si la hausse récente des températures entraîne bel et bien l’augmentation des débits de l’Arve et de l’Allondon, ils restent raisonnables en l’absence de précipitations importantes. Il n’y a pas de risque pour l’instant, ni pour les jours à venir, précise le DETA, la fonte des neiges ne constituant pas à elle seule un danger d’inondation.

Plusieurs conditions doivent être réunies pour provoquer une crue printanière, confirme Michèle Oberhänsli, hydrologue à l’Office fédéral de l’environnement (OFEV): «Un début de fonte des neiges en avril, de sorte que, dans les régions situées plus bas, les lacs et les cours d’eau affichent des niveaux très élevés et les sols sont saturés; une période chaude longue avec une élévation marquée de l’isotherme 0° en montagne [niveau d’altitude le plus bas auquel la température atmosphérique prend la valeur de 0 °C, ndlr]; et enfin, des précipitations abondantes et persistantes, une limite des chutes de neige élevée et une pluie jusqu’à de hautes altitudes, ce qui fait fondre la neige.»

Les ouvrages hydrauliques en régulateurs

«Lors d’apports en eau importants, les centrales hydroélectriques permettent de réguler les débits et réduisent ainsi les risques de crue», explique Aline Elzingre-Pittet, responsable communication pour le groupe Alpiq. L’entreprise qui gère plusieurs centrales hydroélectriques en Valais témoigne aussi du faible impact de la fonte des neiges sur ses ouvrages, du fait de la haute altitude des lacs qu’elle gère (Emosson, Grande-Dixence, Moiry). Même si les quantités de neige ont été très importantes cet hiver, Alpiq affirme ne pas avoir pris de mesures particulières.

Les Services industriels de Genève (SIG) sont concessionnaires de deux barrages hydroélectriques sur le Rhône genevois (Seujet et Verbois) et d’un ouvrage sur l’Arve (Vessy). Pour eux, la fonte des neiges est une bonne nouvelle, puisque le niveau du lac Léman avait déjà été abaissé par anticipation: «Actuellement le niveau du lac est maintenu à un niveau très bas, et ce jusqu’à fin mai, afin de pouvoir recevoir l’eau liée à la fonte des neiges.»

Danger pour les randonneurs?

Cette situation est loin d’être inédite, relève Raphaël Mayoraz, géologue cantonal en Valais et aussi guide de montage. Les randonneurs devront surtout être attentifs aux conditions climatiques avant chaque balade, au regel notamment, puisque c’est lui qui détermine la stabilité du manteau neigeux. Le professionnel de la montagne met en garde: «S’il n’y a pas de regel nocturne, ou que le regel est faible, il vaut mieux renoncer. C’est évidemment une mesure de sécurité, mais aussi de confort, le ski dans la neige détrempée n’étant pas très amusant. Si le regel est suffisant, il faut partir tôt et rentrer tôt, c’est-à-dire, en général, au plus tard en fin de matinée.»

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