Après 32 heures de recherches, la police a arrêté Franz W., auteur présumé de l’attaque à la tronçonneuse qui a fait deux blessés dans le bureau de la compagnie d’assurances CSS lundi. Le quinquagénaire a été interpellé mardi soir, seul dans la commune de Thalwil (ZH). Il n’a opposé aucune résistance et s’est montré «coopératif et poli», a indiqué la police mercredi. Il portait deux arbalètes chargées de flèches et deux bâtons taillés en pointe, emballés dans un sac en plastique. Pas trace en revanche de la tronçonneuse, que la police cherche encore.

Franz W. a été transféré à la prison de Schaffhouse, où il devait consulter hier un médecin chargé de déterminer son état physique et psychique, avant d’être interrogé par la police. Le Ministère public de Schaffhouse a ouvert une procédure pénale contre lui pour lésions corporelle grave et atteinte à la vie d’autrui. L’un des employés de CSS attaqués a été grièvement blessé et se trouve encore hospitalisé, ses jours ne sont plus en danger. Le deuxième, légèrement touché, a pu sortir de l’hôpital. Quant aux trois autres victimes, il s’agit de deux clients présents au moment des faits, en état de choc. Et d’un homme que la police, prenant pour l’attaquant, a plaqué au sol alors qu’il sortait de l’immeuble. Les autorités ne donnent aucune information sur sur les mobiles de l’assaut. 

On ignore aussi comment Franz W. a parcouru les 60 kilomètres séparant Schaffhouse de Thalwil. Une «intensive» chasse a l’homme a mobilisé 300 agents, un hélicoptère et des chiens renifleurs. La police, soupçonnant le fuyard d’être armé et dans un état psychique instable, a divulgué son identité et des photos de lui. Les enquêteurs ont orienté leurs recherches à l’aide des indications de la population, d’abord dans le Weinland zurichois et en Thurgovie, puis du côté de Thalwil.


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Il vivait depuis plusieurs semaines dans la forêt

Franz W. avait déjà été condamné à deux reprises par le passé à des peines pécuniaires pour violations de la loi sur les armes. En 2014 dans le canton de Berne, il avait été reconnu coupable d’avoir porté un pistolet dans l’espace public, sans autorisation. En 2016, dans le canton de Lucerne, la police avait trouvé chez lui un pistolet à impulsions électriques.

Sur les photos diffusées par la police, on voit un homme au regard vide, épaules tombantes, allure négligée. D’autres photos publiées par le Blick montrent Franz W. sous un tout autre jour, souriant et entouré. Il aurait grandi à Bâle, puis déménagé d’un canton alémanique à l’autre. Il y a quelques années, il se serait retrouvé à l’assurance invalidité suite à un accident, vécu comme un traumatisme. L'homme a semble-t-il sombré peu à peu, devenant de plus en plus asocial et confus, jusqu’à perdre son domicile. Au cours des semaines qui ont précédé son geste, il errait dans les bois du Weinland zurichois. Aurait-il dû faire l'objet de davantage d'attention de la part des autorités?

L’entreprise CSS, dont il était client depuis plusieurs années, possédait un «épais dossier» à son sujet, indique au Temps la porte-parole de l’assurance. Franz W. contactait régulièrement l’agence, mais n’avait «jamais montré de signe d’agressivité, ni proféré de menaces». Jusqu’à lundi, lorsqu’il a surgi une tronçonneuse à la main.