FMV: l’avenir de la politique énergétique cantonale en Valais sera au carrefour de ces trois lettres. La société Forces motrices valaisannes, qui gère les participations de l’Etat dans les aménagements hydroélectriques, se voit propulser sur le devant de la scène par le dossier-fleuve du retour des concessions hydroélectriques. Elle jouera un rôle majeur dans la stratégie cantonale qui mûrit dans les services du ministre Jean-Michel Cina et dont la première ébauche devrait être présentée durant l’été.

Un changement de tête au conseil d’administration suscite dont forcément beaucoup d’intérêt, surtout lorsque le démissionnaire et président actuel s’appelle Jean Pralong, 67 ans, administrateur des FMV depuis 1997, figure aussi discrète qu’influente de l’énergie en Valais. Pour succéder à l’Hérensard, ancien président PDC de la commune de Saint-Martin, le Conseil d’Etat a choisi un autre Hérensard, PDC aussi, et président de commune, celle d’Evolène en l’occurrence.

Ce n’est pas cette conjonction de points communs qui vaut le poste d’administrateur à Damien Métrailler, ou du moins pas seulement, mais un autre mandat qu’il occupe. L’homme est également président de l’Association des communes concédantes (ACC), soit les communes détentrices des droits d’eau alimentant les ouvrages hydroélectriques. Elles sont au nombre de 82 (sur 141), essentiellement montagnardes, et n’avaient pourtant pas encore de représentant officiel aux FMV.

Cette nomination apparaît comme un choix symbolique et stratégique dans le sens du consensus. A l’heure où le canton se déchire sur le sort des concessions arrivant à échéance, aussi bien sur l’opportunité de leur renouvellement que sur l’équilibre des participations ou la répartition des bénéfices directs et indirects entre communes de plaine et de montagne, ces dernières sont certaines de voir leurs intérêts pris en considération.

Jean-Michel Cina confirme l’importance «d’une bonne représentation de tous les acteurs aux FMV. Il y avait beaucoup de représentants de la plaine jusqu’à présent. Sur le plan de l’avenir stratégique mais aussi entrepreneurial de la société, Damien Métrailler, indépendant et compétent, est le candidat idéal.»

En tant qu’actionnaire majoritaire de l’entreprise électrique (51%), le Conseil d’Etat propose de nommer Pascal Gross à la présidence. Aujourd’hui vice-président des FMV, Pascal Gross siège au conseil d’administration depuis 2005. Il est au bénéfice d’une formation d’ingénieur EPFL, avec spécialisation en gestion de l’énergie. Il a longtemps oeuvré comme chef du Département de l’énergie au sein du groupe chimique Cimo et il est notamment membre du comité du Centre de recherche énergétiques et municipales à Martigny (CREM).