La Ville de Genève a décidé de lancer une campagne d'information en faveur de l'octroi des droits politiques communaux aux étrangers. Ce projet cantonal sera soumis aux électeurs le 4 mars prochain.

Sur des affiches qui seront placardées dans toute la cité, la Ville pose trois questions censées inciter les électeurs à accorder les droits politiques aux étrangers: «43% d'habitants n'ont pas le droit de vote, est-ce démocratique?» «183 nationalités dans sa commune, est-ce une pauvreté ou une richesse?» «Après avoir payé des impôts pendant 8 ans, peut-on voter dans sa commune?»

Cette campagne, qui coûtera 20 000 francs à la municipalité, se situe à la limite de la légalité puisque Genève, comme toutes les communes du canton, n'a pas le droit d'organiser d'opérations de propagande pour des votations. Selon l'exécutif la Ville de Genève, cette démarche est légale. «Nous voulons simplement sensibiliser la population en lui soumettant des sujets de réflexion. Et puis, la loi ne nous empêche pas de donner individuellement notre point de vue», indique Alain Vaissade, le maire de la Ville.

«Genève est souvent citée en exemple comme modèle d'intégration, poursuit le magistrat vert. La participation des étrangers à la vie politique communale favorisera cette intégration.» Hormis le conseiller administratif libéral, Pierre Muller, dont le parti est opposé à ce projet, tous les magistrats de la Ville de Genève appuient la modification de la loi constitutionnelle qui doit permettre aux étrangers résidant depuis plus de huit ans en Suisse de voter, d'être éligibles et de signer des référendums et des initiatives, sur le plan communal uniquement.

«Genève est une ville de refuge, ouverte sur le monde. Cent quatre-vingt-trois nationalités y sont représentées, alors qu'il en existe 193 sur l'ensemble de la planète», note avec fierté Alain Vaissade. «Peut-on prendre des décisions dans le respect de la démocratie sans tenir compte de l'opinion de 43% des habitants?», s'interroge le conseiller administratif socialiste, Manuel Tornare, en faisant référence au pourcentage d'étrangers domiciliés à Genève. «Ils représentent une richesse pour la ville et participent déjà activement à la vie sociale et culturelle de notre cité», note André Hediger.

A partir du 7 février, la municipalité va organiser une exposition sur le sujet au pont de la Machine, tandis qu'un forum de discussion débutera sur son site Internet: www.ville-ge.ch.