La Suisse entretient une relation privilégiée avec ses forêts. La loi fédérale qui garantit sa protection est entrée en vigueur en 1876, deux ans après l’inscription du principe dans la Constitution fédérale. Ce nouveau cadre légal, inédit en Europe, visait à assurer la durabilité des ressources en bois et à permettre le reboisement des régions de montagne. Avec succès: plusieurs vallées exposées aux chutes de pierres, glissements de terrain et avalanches se sont progressivement repeuplées.

En 1897, le peuple suisse décidait d’étendre dans la Constitution la protection des forêts à l’ensemble du territoire suisse – et non plus aux seules «régions élevées». Cette modification a donné lieu à la rédaction d’une nouvelle loi sur les forêts, entrée en vigueur en 1902.

Le développement de l’urbanisation en Suisse depuis la Seconde Guerre mondiale s’est fait en grande partie au détriment des surfaces agricoles. Des défrichements destinés à agrandir les zones à bâtir n’ont été autorisés que dans de très rares cas et à des conditions très strictes. Exprimée en 1975 dans le cadre de la Conception globale d’une politique suisse en matière d’économie des forêts et du bois, la crainte de voir disparaître des forêts entières pour laisser la place à des quartiers d’immeubles ne s’est pas vérifiée.

La loi fédérale sur les forêts a été révisée en 1991 avec une nouvelle ordonnance d’application l’année suivante. Les deux textes tiennent compte des différentes réglementations introduites durant la seconde moitié du XXe siècle en matière d’environnement, d’aménagement du territoire et de protection de la nature et du paysage.

La forêt recouvre désormais 31% du territoire suisse et recense 495 millions d’arbres (pousses ayant atteint 12 centimètres de diamètre à hauteur de poitrine). Malgré l’ouragan Lothar, la sécheresse de 2003 et plusieurs attaques de bostryches, elle reste globalement en bonne santé. Un bémol: elle vieillit. En l’absence de coupes suffisantes, les jeunes arbres peinent à se faire une place au soleil.