La Suisse compte plus de 75 000 enseignants au sein de l’école obligatoire, dont 35 000 au secondaire I (élèves de 10 à 16 ans). Les hautes écoles pédagogiques (HEP) et autres instituts universitaires ont livré en 2008 près de 2500 diplômes, selon les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Si l’on veut satisfaire la demande future et renouveler le corps enseignant selon un taux annuel de 6 à 7%, il faudra doubler le nombre de nouveaux enseignants. C’est-à-dire environ 5000 nouveaux collaborateurs tous les ans. Pour Vaud, cela signifie plus de 500 personnes, Genève devra en former autour de 300 et Zurich approximativement 800. En même temps, il deviendra indispensable d’encourager les candidats à prendre le chemin du secondaire I, plutôt délaissé de nos jours.

Voilà pourquoi des aménagements dans les programmes de formation sont désormais à l’ordre du jour. La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) travaille notamment à une base légale en faveur d’une formation qui permettrait aux diplômés du degré primaire d’enseigner au secondaire I. La HEP de Lausanne, de son côté, a introduit depuis l’an dernier la possibilité de se former dans une seule discipline enseignable, au lieu des deux exigées pour rentrer au secondaire I. Elle a également mis en place des stages en cours d’emploi. Autrement dit, des curriculums d’études voient le jour afin de motiver les jeunes à embrasser une carrière scolaire, d’abord, et à préférer les filières négligées, ensuite.

Depuis l’époque des écoles normales, un grand pas a été franchi avec l’académisation des cursus. Masters et bachelors ont abouti même à un changement de dénomination pour les instituteurs, désormais devenus des généralistes. Les syndicats de la branche considèrent cependant que d’autres paliers restent à franchir pour valoriser l’ensemble de la profession, notamment au degré primaire où l’on revendique des études de 4 ans au lieu des 3 actuels, avec des masters à la clé.