A l'avenir, tous les policiers suisses suivront une formation commune, qui sera validée par un Brevet fédéral. «La Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CDCJP) a approuvé le nouveau concept de formation», a annoncé jeudi à Zurich la conseillère d'Etat saint-galloise Karin Keller-Sutter.

Officiellement, sa mise en œuvre interviendra le 1er janvier 2007. Les policiers suivront les mêmes cours pendant une année, quelle que soit leur région linguistique. Ceci permettra une reconnaissance et une harmonisation de la profession au plan fédéral. L'enseignement portera sur les techniques d'intervention, la psychologie, l'éthique policière et les droits de l'homme.

Le brevet fédéral de policier existe en fait déjà. Il a été mis en place dans le cadre de la nouvelle loi fédérale sur la formation professionnelle. En décembre 2003, 26 jeunes policiers suisses alémaniques ont passé pour la première fois cet examen après leurs épreuves cantonales. Ils l'ont tous obtenu. Début juin, 48 Tessinois se sont présentés, un seul a échoué. Les Neuchâtelois tenteront à la fin de l'année. A Genève, en Valais, et dans le canton de Vaud, les prochaines promotions essaieront à leur tour. Ils devront réussir s'ils veulent être engagés dans un corps.

Après le brevet, les policiers pourront poursuivre une formation de cadre et de sous-officier qui sera validée par un diplôme de bachelor ou de master, que l'Institut suisse de police, situé à Neuchâtel, sera chargé de mettre en place.

De Lavey à Colombier

Tous les cantons se sont entendus pour élaborer une formation commune. Elle sera déjà appliquée par les Romands dès 2005. En revanche, si les aspirants de Suisse orientale suivront leur cours à Amriswil (TG) et que ceux de la Suisse centrale et du nord-ouest devraient aller à Hitzkirch (LU), les cantons romands ne sont pas encore tombés d'accord sur le choix d'un site. Les Vaudois et les Valaisans viennent d'installer une école commune à Lavey. Ils aimeraient bien que les autres cantons les y rejoignent.

Interrogée par l'ATS, la conseillère d'Etat neuchâteloise Monika Dusong se dit «extrêmement réservée». La socialiste propose le site de Colombier, où sont déjà formés les policiers neuchâtelois et jurassiens. De leur côté, les Genevois ne veulent pas que le centre de formation soit trop éloigné. «Et puis, nous recrutons des gens qui vont travailler dans le milieu urbain, pas à la campagne», souligne François Waridel, Instructeur à la police genevoise. Une des solutions envisagées serait de créer deux centres romands.