«Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi gigantesque», s’irrite une commerçante bernoise, l’air dubitatif. Les proportions prises samedi par l’étape suisse du grand prix international de Formule E – dont le concept veut que les courses aient lieu au centre-ville – étaient en effet impressionnantes. Des dizaines de stands de constructeurs de voitures, d’hôtesses, d’échoppes de nourriture et de zones VIP ont donné à la capitale fédérale un air de Salon de l’auto à ciel ouvert. Après un départ catastrophique, la course a couronné le leader du classement général, le Français Jean-Eric Vergne, et permis au Vaudois Sébastien Buemi de décrocher la troisième place.

Berne, la fan de voitures de course

Huit jours après la grève des femmes, qui a réuni 40 000 personnes majoritairement féminines et résolument de gauche, l’ambiance n’aurait pu être plus différente. Sur une techno entêtante distillée sans discontinuer par de très larges haut-parleurs, la foule avant tout masculine et férue de grosses cylindrées tranchait de manière frappante avec l’habituel flegme bohème affiché par les habitants des bords de l’Aar. Armés de hamburgers-frites, des dizaines de milliers de badauds arborant des casquettes distribuées par les sponsors ont rappelé à ceux qui l’auraient oublié entre deux marches pour le climat le prodigieux engouement suscité par les voitures – électriques ou non.