EDUCATION

Forte augmentation des étudiants entrant dans les hautes écoles

L'OCDE révèle la hausse des effectifs des hautes écoles, y compris en Suisse. Et tire la sonnette d'alarme à propos des finances.

La proportion de jeunes qui débutent une formation supérieure a fortement augmenté en Suisse ces dernières années. C'est l'un des enseignements de l'étude annuelle de l'OCDE Regards sur l'éducation, publiée mardi. En 2006, le taux de nouveaux étudiants atteignait 38%, alors qu'il n'était que de 17% dix ans plus tôt. Selon l'Office fédéral de la statistique, cette hausse s'explique «principalement» par la création des hautes écoles spécialisées, dont les titres sont universitaires. L'engouement pour les études supérieures ne baisse pas dans les pays développés: 57% des jeunes ont débuté un cursus du tertiaire, contre 37% en 1995. La Suisse conserve donc un écart.

Les hautes études constituent-elles un bon investissement? En intégrant diverses variables, dont le taux de chômage des diplômés ou le montant du premier salaire, l'OCDE nuance: dans les pays d'Europe de l'Est, les titulaires de sésames académiques en tirent le plus d'avantages. En France, en Espagne, en Allemagne ou en Suède, le gain est plus variable.

L'OCDE illustre aussi la forte poussée de la mobilité des étudiants à l'échelle mondiale; ils étaient 2,9 millions de jeunes des pays membres à être inscrits dans une université d'un autre pays, deux fois plus qu'en 1996, avec une hausse de 50% depuis 2000.

L'OCDE confirme à ce sujet la situation des universités suisses, dans le peloton de celles qui accueillent le plus d'étudiants étrangers. Les académies helvétiques affichent même un record dans la proportion de doctorants venus d'ailleurs - alors que l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni ont davantage de migrants pour le bachelor et, surtout, le master. Cette popularité des hautes études pose un «problème de financement», juge l'OCDE. Par étudiant, l'effort public baisse aux Pays-Bas, en Suède ou en Allemagne. Pour le secrétaire général Angel Gurría, les pays doivent «accroître nettement leurs ressources éducatives afin de répondre à la demande croissante d'étudiants qui veulent obtenir un diplôme supérieur, et d'entreprises qui recherchent des jeunes hautement qualifiés», mais en augmentant «l'efficience» de ces dépenses.

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