Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas pour Bernard Soguel. Tancé par le Grand Conseil pour sa gestion de la crise de l'Observatoire cantonal (LT du 26.04.2007), le ministre était beaucoup plus souriant hier pour présenter la situation du marché de l'emploi.

Et pour cause: la bonne conjoncture économique a permis de réduire le taux de chômage, en particulier dans le Haut du canton. En 2006, les districts du Locle et de La Chaux-de-Fonds ont enregistré un recul de respectivement 1% et 0,9%, pour s'établir à 3,6% et 4,6% (moyenne cantonale: 3,8%).

Le point presse, qui sera reconduit chaque semestre, s'inscrit dans un nouveau concept de communication coordonné par Jean-Nat Karakash. Objectif? Mettre en évidence «l'action de l'Etat en matière de prévention, d'accompagnement et de régulation du marché de l'emploi».

Débat sur les frontaliers

Au cœur du débat, les travailleurs frontaliers ont fait l'objet d'un traitement privilégié. Ils étaient 6686 fin 2006, dont 6000 dans les seuls districts du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Cela représente une augmentation de 15,2% par rapport au mois de janvier de la même année.

Cet afflux ne met-il pas définitivement hors jeu les chômeurs suisses de longue durée? Bernard Soguel relativise: «Il n'y a pas de corrélation évidente entre augmentation du nombre de frontaliers et chômage. Les chiffres le prouvent. Dans le district du Locle, 29,3% des emplois sont occupés par des frontaliers. Le taux de chômage y est moins élevé que dans les districts de Neuchâtel ou La Chaux-de-Fonds, où la proportion de frontaliers est plus faible.»

Le magistrat socialiste n'a pas fait que se réjouir. Il a également insisté sur la nécessité de profiter de la bonne santé de l'économie pour réussir le pari de l'insertion professionnelle. A ce titre, le premier bilan du programme d'intégration des jeunes de moins de 30 ans concocté dans le cadre du budget 2007 sera tiré à l'automne.