La déclaration du Conseil fédéral, mercredi, sur le Forum économique mondial de Davos (WEF) et les débordements auxquels il a donné lieu ne prête pas vraiment à interprétation. Le gouvernement affirme que la Suisse doit continuer d'accueillir le WEF. Il déplore les émeutes qui ont éclaté à Zurich et à Landquart. Elles prouvent, selon lui, que l'important dispositif policier mis en place était indispensable. Seule concession, peut-être, aux parties qui ont critiqué l'attitude des forces de l'ordre durant le forum, le Conseil fédéral indique qu'il va procéder à une analyse des différents événements qui se sont produits en marge du WEF. Il a donné mandat à sa délégation de sécurité de rédiger un rapport.

Cette dernière décision ne suffira probablement pas à désamorcer les actions parlementaires entreprises par les Verts et le Parti socialiste. La conseillère nationale saint-galloise Pia Hollenstein, pour les premiers, a rédigé une interpellation urgente qu'elle soumettra à la session de mars. La députée invite le Conseil fédéral à répondre à huit questions, où, en substance, elle s'étonne de l'arsenal sécuritaire déployé pour protéger les «riches» des «non riches».

Deux interpellations en vue

Le PS planchait mercredi sur la rédaction de deux interpellations urgentes également destinées à la session de mars. Selon la porte-parole du parti, Ursula Dubois, la première demandera au gouvernement comment il entend dorénavant garantir la liberté d'expression de toutes les parties – officielles et alternatives – concernées par le WEF. La seconde interpellation devrait porter sur les mesures qui auraient été prises par la police contre des manifestants: confiscation de documents, de carnets d'adresses, etc.

Le conseiller national Josef Zisyadis (POP/VD) a dit mardi son intention de déposer plainte pour insulte contre le ministre des Finances Kaspar Villiger, qui a traité les casseurs de Zurich de «criminels».