Le nombre de chômeurs en Suisse a diminué en mars pour le deuxième mois consécutif, en se contractant de 4813 personnes à 145 108. Le taux de chômage a reculé de 0,1 point par rapport à février pour s’établir à 3,4% de la population active, a indiqué vendredi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco).

Le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a de même reculé, avec 840 personnes de moins inscrites auprès des Offices régionaux de placement (ORP), soit une baisse de 4,4% sur un mois. L’effectif total des chômeurs apparaît toutefois en hausse le mois dernier de 1,6% ou de 2262 personnes sur un an.

L’ensemble des demandeurs d’emploi inscrits a pour sa part diminué de 2,2% en mars au regard de février, soit de 2103 personnes à 204 266. Outre les chômeurs, la catégorie réunit notamment les individus bénéficiant d’une formation ou se trouvant en situation de gains intermédiaires.

Evénement saisonnier

Le reflux du nombre de chômeurs revêt un caractère saisonnier, traditionnel avec l’arrivée du printemps, explique Yves Flückiger, directeur de l’Observatoire de l’emploi à l’Université de Genève. Le seul secteur de la construction a apporté 2795 personnes à la baisse de 4813 chômeurs relevée le mois dernier.

Désaisonnalisé, l’effectif des chômeurs a augmenté de 1% à 139’385, pour un coefficient de chômage de 3,2%, stable par rapport à février, selon les chiffres publiés vendredi par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Abandon du cours plancher: pas d’impacts immédiats

La décision de la Banque nationale suisse (BNS) d’abandonner le cours plancher de 1,20 franc pour un euro le 15 janvier n’est pour l’heure pas visible au niveau des entrées au chômage, le recul de mars étant le deuxième consécutif mensuellement. «Les entreprises se situent en pleine phase d’adaptation», note Yves Flückiger.

Il n’y a donc pas d’impacts immédiats, même si un certain nombre de sociétés ont déjà annoncé des suppressions d’emplois. «Mais si le cours de l’euro venait à se maintenir durablement à 1,04 franc, la situation deviendra de plus en plus difficile à tenir», avertit le futur recteur de l’Université de Genève.

Le tableau actuel ne décrit en l’état pas la réalité vécue par les entreprises, notamment à vocation exportatrice. Celles-ci cherchent des parades pour encaisser le choc causé par la BNS il y a presque trois mois maintenant. «Même si un franc fort réduit aussi le coût des approvisionnements à l’étranger», tempère Yves Flückiger.

Un double défi

L’économie suisse doit pour l’heure affronter un double défi, poursuit le professeur genevois. Outre l’appréciation du franc, elle doit composer avec les effets encore très incertains des conséquences de l’acceptation de l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse, le 9 février 2014.

Sans ces deux facteurs, les baisses du chômage constatées en février et en mars auraient été plus sensibles encore, assure Yves Flückiger. Dans le contexte de l’après 9 février, beaucoup d’entreprises sont découragées à embaucher, ne sachant concrètement les mesures qui seront arrêtées par le Conseil fédéral.