Mobilité 

Les Français déçus par les crédits alloués par Berne pour le Grand Genève

Le financement du prolongement de deux lignes de tram vers la France voisine n’est plus assuré

Le Pôle métropolitain du Genevois français parle «d’une véritable déception». Cette institution basée à Ambilly (Haute-Savoie), qui représente les collectivités locales françaises partenaires du Grand Genève, a réagi à l’annonce le 14 septembre du Conseil fédéral d’affecter 104 millions de francs de crédits aux projets de mobilité dans le canton et sa périphérie pour la période 2019-2022.

Une somme certes nettement supérieure aux 33 millions annoncés dans un premier temps par Berne en janvier mais qui mécontente la partie française, «car le Conseil fédéral n’a pas fait évoluer sa position sur des projets majeurs en territoire français» souligne le Pôle métropolitain.

Deux projets essentiels

Ainsi, l’extension du tram genevois vers Saint-Genis-Pouilly et la phase 2 du tramway Genève-Annemasse n’ont pas été prises en compte, «ce qui revient à donner un coup d’arrêt à la construction transfrontalière», indique Gabriel Doublet, le premier vice-président d’Annemasse Agglo. «Nous avons cependant apprécié la réaction des autorités genevoises qui elles aussi ont regretté que la partie française ait été en partie oubliée», poursuit-il. Le Conseil d’Etat genevois a en effet pris acte «que la dimension transfrontalière n’a pas été pleinement reconnue par la Confédération alors que les infrastructures de mobilité sur sol français demeurent un sujet prioritaire».

Le gouvernement genevois a cependant tenu à saluer vivement la prise en compte par la Confédération de l’urgence de réaliser deux projets essentiels pour Genève et sa région. A savoir le tram Nations-Grand-Saconnex devisé à 122 millions de francs (Berne pourrait payer le tiers), qui va accompagner le développement du secteur des organisations internationales, et le bus à haut niveau de service Genève-Vernier pour 21 millions de francs qui renforcera les transports publics entre le nord du canton et le cœur de l’agglomération.

Possibles subsides du canton

Les élus français ont eux aussi apprécié à sa juste valeur cet engagement de Berne, d’autant que la Suisse cofinancera à 35% deux pôles d’échanges multimodaux du futur Léman Express à Thonon-les-Bains et La Roche-sur-Foron et trois projets de mobilité douce à Annemasse et Bonneville (à hauteur respectivement de 30 et 10 millions de francs). «Mais nous misions davantage sur un effort là où il y a une forte densité de population comme à Annemasse», précise Gabriel Doublet. Si le financement de la phase 1 du tram Genève-Annemasse (douane de Moillesulaz-Parc Montessuit) est bouclé (60 millions de francs dont 44% par Berne), celui de la seconde phase (30 millions de francs environ), qui poussera le tram jusqu’au quartier populaire du Perrier, n’est plus assuré.

«Nous attendions une enveloppe de 9 millions de francs suisses pour mettre au bout, car le reste est assuré par l’Etat français, la région, le département et les collectivités locales», relève l’élu. Qui poursuit ainsi: «Il faudra bien trouver cet argent.» Des pistes vont être étudiées qui mènent à Genève et aux institutions communes des deux entités. «Racler dans les fonds de l’agglomération et profiter de la perte de vitesse des partis populistes genevois pour obtenir des subsides du canton», proposent déjà plusieurs élus. Genève semble leur tendre la main puisque le Conseil d’Etat a déclaré vendredi dernier «vouloir poursuivre sans attendre les discussions avec les partenaires français sur les projets en cours».

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