La France va demander à renégocier son traité fiscal tout juste conclu avec la Suisse, pour que soient intégrées les dernières concessions en matière de secret bancaire, a annoncé ce mercredi son ministre du budget Eric Woerth.

«Nous allons demander que la convention fiscale intègre les dispositions de l’OCDE en matière de secret bancaire, a expliqué Eric Woerth au Temps. En attendant, nous suspendons la signature [de la nouvelle convention].»

A l’automne dernier, un projet de traité fiscal avait déjà été négocié entre les deux pays. Elle permettait aux autorités administratives françaises d’obtenir des renseignements fiscaux «en cas de fraude ou d’infraction équivalente».

En visite en Suisse le 28 novembre, le premier ministre français François Fillon avait affirmé que «la Suisse n’est pas un paradis fiscal». Cette appréciation a été révisée depuis: en tant que membre du G20, le gouvernement français envisage d’inscrire la Suisse sur une «liste noire» de paradis fiscaux – une menace qu’Eric Woerth n’a pas explicitement écartée pour l’instant.

Le ministre français doit présenter ses exigences mercredi après-midi à Micheline Calmy-Rey. La conseillère fédérale est en visite à Paris pour tenter de persuader la France de renoncer au projet de «liste noire», à la lumière des récentes promesses de la Suisse d’accroître sa coopération fiscale avec l’étranger.