Francis Walpen est un homme très recherché. Le directeur démissionnaire de l'administration fiscale du canton de Genève ne le cache pas: «Professionnellement, on est toujours venu me chercher. Et aujourd'hui, c'est vrai, le Parti libéral m'a approché pour me proposer de compter parmi ses candidats au Grand Conseil genevois.»

Libéral? Visiblement, l'obédience politique du directeur de l'administration fiscale était méconnue de la plupart des députés, qui réservent un accueil plus ou moins chaleureux à sa candidature. A droite, on se félicite de la candidature du haut fonctionnaire qui pourrait amener ses compétences et sa maîtrise de l'appareil d'Etat au parlement. A gauche, certains n'apprécient pas que le directeur du fisc puisse afficher sa couleur politique.

En tout cas, la décision de Francis Walpen de quitter le Département des finances, révélée mercredi par la Tribune de Genève, suscite le débat au sein du monde politique. Mais, pour le Haut-Valaisan d'origine, il s'agit seulement d'un nouveau défi: après vingt-cinq ans au sein de l'administration publique, Francis Walpen entend devenir «l'élément qui fera avancer les choses au sein du Parti libéral» et jouer un rôle de «rassembleur» au parlement.

Frère de Laurent Walpen, délégué aux Affaires internationales de Genève, et cousin d'Armin Walpen, directeur de SRG SSR idée suisse, Francis Walpen est «un excellent candidat», selon le président des libéraux genevois. Si la sélection des candidats ne sera officiellement arrêtée que lors de la prochaine assemblée des délégués, en mai, Olivier Jornot met déjà un terme au suspense: «La sélection de Francis Walpen est acquise.»

A droite, les députés s'en réjouissent. Le chef de groupe PDC au Grand Conseil, Patrick Schmied, relève que les compétences de Francis Walpen pourraient être bénéfiques à l'ensemble du parlement, notamment s'il siège à la Commission des finances. Son coreligionnaire Guy Mettan aurait préféré que Francis Walpen s'inscrive sur la liste PDC, mais il n'est pas surpris: il était déjà au courant de l'obédience politique du directeur du fisc.

La gauche «étonnée»

Au sein de la gauche, en revanche, certains sont étonnés, et se demandent: l'ancien directeur de cabinet de la socialiste Micheline Calmy-Rey était donc libéral? Ou Francis Walpen a-t-il été encouragé par sa patronne actuelle, Martine Brunschwig Graf, ministre libérale des Finances? «Je ne savais pas qu'il était libéral. Normalement, ces choses se savent», lance le socialiste Alberto Velasco. Qui se sent trahi: «C'est comme si vous appreniez que votre femme vous a trompé! Je voyais Francis Walpen comme un homme très neutre, je trouve gênant d'apprendre qu'un haut fonctionnaire appartient à un parti.»

Pour le Parti libéral, comme pour le nouveau candidat, il n'y a pas de polémique. Olivier Jornot affirme qu'il n'y a pas d'incompatibilité, ni de collision d'intérêt, puisque le directeur a démissionné. Francis Walpen explique: «Pendant des années, j'ai occupé un poste où je devais être strictement neutre. A 64 ans, je prends ma retraite anticipée pour me lancer dans la politique. Désormais, je suis libre.»