ELECTION

La franc-maçonnerie a un nouveau Grand Maître

Alberto Menasche prend la tête pour quatre ans de la Grande Loge Suisse Alpina.

Consul de Monaco en Suisse jusqu'à la fin de l'année dernière, le Tessinois Alberto Menasche, 66 ans, sera élu Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA), ce samedi à Granges-Paccot (FR), où 600 francs-maçons sont attendus, dont 80 invités venus de l'étranger. Créée en 1844, la GLSA chapeaute 79 loges helvétiques, toutes masculines, réparties dans les trois régions linguistiques du pays. «Il existe par ailleurs des loges féminines ou mixtes», précise au Temps Alberto Menasche, entré en franc-maçonnerie il y a quarante ans. La GLSA rassemble 3700 des 4800 membres de la franc-maçonnerie suisse. Les Suissesses peuvent s'affilier à d'autres obédiences. La franc-maçonnerie féminine helvétique est plutôt récente. Elle a émergé au début des années 70, mais est relativement vivace. Une nouvelle loge exclusivement féminine est par exemple en formation à Bulle (FR).

«Nous sommes un ordre initiatique, une alliance d'hommes qui se disent libres et qui recherchent la vérité. Nous ne discutons ni de politique ni de religion. Ainsi, nous ne prenons pas position sur la votation sur l'avortement de ce week-end. Nous travaillons pour l'harmonie, sans prosélytisme. Nos membres sont nommés par cooptation», explique le nouveau Grand Maître de la GLSA. Celui-ci présidera la loge faîtière pendant quatre ans, succédant au Neuchâtelois Jean-Jacques Sunier. Au terme de chaque mandat, la présidence de la GLSA échoit à un représentant d'une autre région linguistique. Les 79 loges se réunissent selon des fréquences qui leur sont propres. La GLSA, elle, tient une réunion par an. Alberto Menasche ne souhaitait pas vendredi dévoiler le programme qu'il entend réaliser à la tête de la loge faîtière. Il devrait le faire ce samedi, jour de son élection.

Un maçon peut toujours proclamer son appartenance. Il n'a en revanche pas le droit de révéler celle d'un frère. Pour Jean-Jacques Sunier, interrogé par l'ATS, le secret des délibérations tombe sous le sens et n'est pas très différent de celui que connaissent d'autres associations. «Lors de nos réunions, affirme Alberto Menasche, nous parlons de la liberté, de la tolérance, de la compréhension.»

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