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François Hollande reçoit aujourd’hui Didier Burkhalter à l’Elysée

Le président de la Confédération sera reçu ce mercredi à 14h30 pour environ une heure d’entretien bilatéraux par le président de la République Française. La question des relations entre la Suisse et l’Union européenne figurera aussi au menu. Une déclaration conjointe est attendue vers 15h30 sur le perron de l’Elysée

La palette de sujets à aborder est vaste. En une heure, François Hollande et Didier Burkhalter devront aborder à la fois les sujets bilatéraux cruciaux qui pèsent sur la relation franco-suisse (fiscalité, aéroport Bâle-Mulhouse, procédure judiciaire en cours contre UBS) et les dossiers internationaux sur lesquels Paris et Berne sont conjointement impliqués, à commencer par l’Ukraine, où le rôle de l’OSCE présidée cette année par la Suisse demeure déterminant. Les deux chefs d’Etat, qui se sont encore rencontrés les 16 et 17 octobre à Milan en marge du sommet Europe-Asie (ASEM), devraient aussi faire un rapide tour d’horizon des relations entre la Suisse et l’Union européenne, soumises à rude épreuve depuis l’approbation populaire, le 9 février, de l’initiative «Contre l’immigration de masse» et à un mois de la votation Ecopop à laquelle «Le Temps» consacre ce jeudi une journée spéciale de débats en partenariat avec l’Université de Genève.

La dernière visite présidentielle suisse en France remonte au 7 décembre 2012, lorsqu’Eveline Widmer Schlumpf était venue rencontrer François Hollande, récemment élu, en pleine tourmente sur le secret bancaire. Ueli Maurer ne s’était, lui, pas déplacé à Paris durant son année présidentielle en 2013. Didier Burkhalter devrait adresser de nouveau aujourd’hui à son homologue une invitation à se rendre à Berne. Son prédécesseur Nicolas Sarkozy n’avait pas donné suite aux invitations officielles qui lui avaient été remises. Pour l’anecdote, le dernier passage de l’ex-chef de l’Etat français en Suisse, lors d’une conférence en juin à Interlaken, avait donné lieu à un échange piquant avec l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi, passablement énervé par ses remarques sur le fait qu’un pays «ne peut pas être gouverné par un président qui change chaque année».

Selon nos informations, la rencontre présidentielle devrait esquisser des solutions pour aplanir le différend fiscal franco-suisse au sujet de l’aéroport Bâle-Mulhouse. Didier Burkhalter et François Hollande devraient aussi saluer le projet d’une prochaine «déclaration politique» mutuelle sur le passage futur à l’échange automatique d’informations fiscales entre les deux pays, dossier particulièrement sensible pour l’actuel gouvernement socialiste qui mise en partie sur les recettes liées aux régularisations fiscales pour consolider son projet de budget 2015 actuellement débattu au parlement.

Sur l’Ukraine, la France a récemment proposé, avec l’Allemagne, de mettre des drones à la disposition de l’OSCE, mais leur mise en œuvre sur le terrain est difficile. Les deux présidents éviteront sans doute, en revanche, de commenter les mésaventures judiciaires d’UBS. La banque encourt, comme l’a révélé «Le Temps», une amende de plusieurs milliards de francs si elle est reconnue coupable à l’issue des poursuites engagées contre elle en juillet 2014 pour «blanchiment aggravé de fraude fiscale» et de «démarchage illicite de clientèle» en France.

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