Nucléaire

François Hollande serait prêt à fermer le Bugey

Le PS accepterait de fermer des centrales, en vue d’un accord électoral avec les Verts

François Hollande semble disposé à fermer le réacteur du Bugey, situé à 70 kilomètres à peine de Genève. Cette concession s’inscrit dans le cadre d’un accord électoral entre le Parti socialiste et Europe Ecologie – Les Verts (EELV), en vue des élections législatives de 2012. Des groupes de travail des deux formations se réunissent ce mercredi, mais des compromis ont d’ores et déjà été négociés, affirme Le Monde. En clair, François Hollande s’en tient à sa ligne – une réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire, plutôt qu’une sortie de l’atome – mais accepte la fermeture d’une demi-douzaine de vieilles centrales et soutient la création d’un groupe parlementaire EELV ainsi que l’introduction «d’une dose de proportionnelle». L’accord sur les fermetures concerne en premier lieu la centrale de Fessenheim, mais aussi celles du Bugey ou de ­Chinon.

Secrétaire général de la Fédération romande de l’énergie (pro-nucléaire), Jean-Pierre Bommer confirme: «Selon les milieux proches de l’industrie nucléaire et électrique française, l’accord est effectivement déjà acquis.» Et de s’en inquiéter pour l’approvisionnement de la Suisse: «Fessenheim et Le Bugey sont deux centrales sur lesquelles la Suisse à des droits de tirage à peu près équivalents à la centrale de Gösgen, soit plus de 13% de la consommation totale du pays.»

«Ça ne coûte rien!»

Le ton est différent chez les antinucléaires suisses, qui ne débouchent pas le champagne pour autant: «Ces vieilles centrales allaient être arrêtées de toute façon, soupire la conseillère nationale Isabelle Chevalley (PVL/VD). Cette concession ne coûte rien au PS! Europe Ecologie aurait dû obtenir un engagement à ne pas construire de nouvelles centrales.» Le président des Verts suisses, Ueli Leuenberger, est à peine plus satisfait: «C’est un pas en avant, mais j’aimerais qu’ils aillent plus loin en parlant de sortie du nucléaire. J’espère qu’on n’attendra pas un accident sur sol français pour avancer.»

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