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François Longchamp: «Vaud et Genève sont tributaires de l’immigration»

Les gouvernements vaudois et genevois se sont mobilisés en force mercredi à Berne. Le président du Conseil d’Etat genevois explique la démarche

«Vaud et Genève sont tributaires de l’immigration»

Questions à

Grande première pour la Métropole lémanique. Les gouvernements vaudois et genevois se sont déplacés en force à Berne. Après une rencontre avec les élus des deux cantons mardi soir, ils ont chacun tenu leur séance hebdomadaire à la Maison des cantons mercredi.

En début d’après-midi, ils ont offert un buffet dînatoire composé de spécialités régionales revisitées par les Ecoles hôtelières de Genève et Lausanne. Quelque 300 personnes, parlementaires, personnalités cantonales, hauts fonctionnaires, représentants des médias, ont participé à cette opération de relations publiques. Président du Conseil d’Etat genevois, François Longchamp explique les raisons de cette démarche inédite.

Le Temps: Pourquoi cette manifestation commune des deux cantons?

François Longchamp: Jusqu’à maintenant, nos deux cantons organisaient des événements séparés. L’une capitale diplomatique et l’autre capitale olympique, les villes de Genève et Lausanne se sont trop longtemps distinguées l’une de l’autre. Or, la Métropole lémanique est un espace de synergies permanentes. Nous avons des positions communes et des intérêts convergents sur des dossiers politiques importants comme la péréquation financière, la réforme de l’imposition des entreprises, le franc fort, ou l’immigration.

– Votre marche sur Berne n’illustre-t-elle pas aussi la prise de conscience que c’est là que se prennent les décisions politiques?

– C’est vrai qu’on a longtemps reproché à Genève d’être trop éloignée de Berne. C’est vrai aussi que les grands dossiers politiques sont de plus en plus nationaux. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé depuis cinq ans trois lobbyistes qui défendent nos intérêts à Berne. Nous y sommes désormais beaucoup plus présents. Nous y tenons régulièrement des séances. Le but de notre démarche commune est de montrer que notre région, qui représente 15% de la population suisse et 25% du produit intérieur, est jeune, prospère et dynamique.

– Vous avez évoqué l’immigration. Le canton du Tessin propose d’étudier une clause de sauvegarde régionale. Est-ce une solution pour Genève?

– Nos deux cantons sont tributaires de l’immigration. En 2013, ils ont accordé quelque 80 000 permis de travail. A Genève, nous avons aussi les organisations internationales. L’idée d’une clause de sauvegarde régionale, qui a été discutée au sein de la Conférence des gouvernements cantonaux, est intéressante. Mais le problème de fond subsiste: cette proposition n’est pas compatible avec la position de l’UE. Celle-ci n’a délivré aucun mandat de négociation. Il manque à cette idée une lecture externe. Cela dit, il est juste de tout tenter pour sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons depuis le 9 février 2014. Le gouvernement genevois est d’avis qu’il faudra revoter un jour .

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