Valais

«Les francs-maçons ont gagné»

Pour deux voix, le parlement a renoncé à obliger les élus membres d’une loge maçonnique à s’annoncer

«Les francs-maçons ont gagné»

Valais Le parlement a renoncé à obliger les élus initiés à s’annoncer

Sur les réseaux sociaux, le président de l’UDC valaisanne ironise. «Victoire de la loge Alpina au Grand Conseil», écrit Jérôme Desmeules. «Ecône a donc perdu», lui répond le PLR Narcisse Crettenand, rappelant la fracture historique qui oppose l’Eglise catholique à la franc-maçonnerie. Ce vendredi, les démocrates du centre ne sont pas parvenus à imposer une modification du règlement du parlement, qui obligeait les élus à inscrire au registre des liens d’intérêt leur appartenance à une loge maçonnique ou à un club de service.

Avec humour, Gaël Bourgeois se demande «comment les Valaisans feront pour vivre demain». Pour le socialiste, le sujet, imposé par les démocrates du centre, «datait du siècle passé», et «n’avait rien d’une priorité politique». Le soutien de la gauche et les votes très éclatés des démocrates chrétiens, en particulier du Bas-Valais, ont permis au PLR de substituer leur proposition à celle de l’UDC. Par 55 voix à 53 et 5 abstentions, tout s’est joué pour deux voix. La variante retenue ne mentionne pas la franc-maçonnerie ou les clubs de service. Elle impose la transparence aux membres des «corporations, entreprises, établissements ou fondations de droit privé ou de droit public».

«Revirement PDC»

Dans la salle des pas perdus, Grégory Logean est «interpellé par le revirement du PDC du Bas», qui avait voté différemment lundi dernier. Dans le groupe UDC, ils sont plusieurs à penser que ce vote «démontre l’influence des loges», ou «confirme que le PDC n’est plus le parti des chrétiens». Cette interprétation ne plaît pas du tout au chef du groupe PDC du Bas, Jérôme Buttet, qui estime que ses troupes ont choisi «la transparence, sans la stigmatisation».

Pour le PLR, cette très courte victoire permet au parlement valaisan de «redéfinir les liens d’intérêts sans nuire au respect de la sphère privée». En évitant tout triomphalisme, son chef de groupe, Christophe Claivaz, a sévèrement critiqué les médias, qui «ont insisté sur un détail», nuisant à l’image du parlement valaisan. Battu sur le fil, l’UDC Charles Clerc abonde dans son sens, «surpris par l’ampleur prise par cette affaire». Il a ensuite répété que «les francs-maçons n’aiment pas la lumière».

Le Vert Christophe Clivaz, lui, quitte le parlement déçu. Il a profité du débat sur la transparence pour proposer aux élus l’obligation de déclarer sur l’honneur «qu’ils sont en règle avec le paiement de leurs impôts». La transparence fiscale a suscité moins de débats. Elle a été sèchement refusée par le Grand Conseil.

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