Selon un sondage conduit par la « SonntagsZeitung », le peuple ne tolère aucun amoindrissement à l’initiative Weber. C’est ce qu’a répondu 53% des sondés. Et la perte de 7000 emplois n’y change rien. Même : l’initiative Weber reçoit aujourd’hui plus de soutien qu’au moment de son adoption, contrairement à ce qu’espérait Christophe Darbellay, valaisan et président du PDC suisse, en voulant lancer une contre-initiative. Dans un billet, le journal égratigne d’ailleur ce dernier, surnommant le PDC (CVP) la Clique Valaisienne Populaire (CVP).

Voilà qui pourrait rassurer les initiants déjà inquiets quant au contenu de la future loi d’application. La NZZ am Sonntag souligne que si Franz Weber a gagné une bataille, il n’a pas gagné la guerre. La loi d’application de l’initiative est à bout touchant et de nombreuses exceptions subsisteraient dans la loi, permettant de la construction de nouvelles résidences secondaires. Par exemple, la transformation de résidences primaires en résidences secondaires pour des raisons familiales, pour dynamiser les centres de village ou financer des hôtels. « Si les exceptions demeurent telles qu’elle sont, c’est problématique », explique Vera Weber, la fille de Franz Weber.

Franz Weber a stoppé Christian Constantin, titre le SonntagsBlick. L’écologiste empêche le promoteur de construire un nouveau complexe hôtelier à Randogne, dans la région de Crans-Montana, comprenant des chalets. Les permis de construire avaient fait l’objet de recours d’Helvetia Nostra et seront donc annulés suite à la décision du Tribunal Fédéral mercredi. Christian Constantin laisse la question ouverte : doit-il redimensionner son projet ou saisir une cour ? Il explique en tous cas que les permis qu’il avait déposés n’incluaient pas de résidences secondaires mais des résidences de location, alors qu’il a souvent joué sur cette ambiguïté, estime le SonntagsBlick. Vera Weber estime quant à elle que Christian Constantin doit renoncer de manière claire à construire des résidences secondaires. Pierre Chiffelle ajoute que l’organisation Helvetia Nostra s’est opposée à plusieurs projets de Christian Constantin.

Le journal rappelle aussi l’affaire des Mayens-de-Chamoson en Valais toujours où un promoteur a commencé à construire 36 chalets, malgré les recours déposés par Helvetia Nostra. Ces derniers sont aujourd’hui partiellement construits. Il ne sait pas encore ce qu’il adviendra de ces constructions mais il n’a plus le droit d’y toucher sans quoi « ils me mettront en prison ». Spécialisé dans la construction de chalets, il a déjà signifié à ses huit employés qu’ils pouvaient chercher un autre travail.

Ce sont les privés, et peut-être les communes, qui devront payer les frais de justice d’Helvetia Nostra qui se monte à près d’un million, estime encore Le Matin Dimanche.

Dans le dossier « offshoreleaks » : c’est un gros plan sur le Liechtenstein qui occupe Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Le pays a signé des accords avec la Grande –Bretagne, l’Allemagne et les Etas-Unis il y a quatre ans. Pourtant, des fiduciaires ont continué à aider des intermédiaires condamnés par la justice. Puisant dans les documents de l’Offshore Leaks, Le Matin Dimanche détaille trois exemples dont l’un se solde par une disparition, l’autre par des témoins qui meurent dans des circonstances étranges. Le journal détaille ensuite la recette de ce millionnaire qui ne paie aucun impôt nulle part, ayant pour ce faire renoncer à son passeport américain et n’ayant plus de domicile officiel.

La NZZ am Sonntag fait sa Une sur l’opposition qui s’organise contre l’accord fiscal avec les Etats-Unis. Socialistes et UDC déposent des oppositions, avocats et syndics s’élèvent contre la livraison de noms. Le dispositif est attaqué avant même d’être conclu. Les politiciens s’inquiètent essentiellement de voir le parlement accepter un dispositif auquel il ne peut presque rien changer, dont il ne connaît pas toutes les conséquences et la précision. Toni Brunner estime qu’Evelyne Widmer-Schlumpf veut « forcer le parlement à un exercice qui n’est pas sérieux », une sorte de « chèque en blanc » pour Christian Levrat..