Selon le TagesAnzeiger, la direction de l’Ecole polytechnique de Zurich (EPFZ) connaît le nom du fraudeur qui a falsifié des expériences de recherche fondamentale en chimie. Il s’agirait du candidat au doctorat de chimie qui a obtenu son titre sur la base des résultats manipulés. Il a quitté l’EPFZ et travaille actuellement comme analyste financier auprès de l’UBS. Porte-parole de l’EPFZ Roman Klingler a déclaré: «Pour des raisons juridiques, il ne m’est pas possible de commenter ce cas. Le Tribunal administratif fédéral, dans une mesure superprovisionnelle, interdit toute publication à ce sujet.»

Mise sur pied en janvier 2009, une commission d’experts composée de trois professeurs extérieurs et de deux professeurs de l’établissement, est arrivée à la conclusion que certaines expériences avaient été purement et simplement copiées pour arriver aux résultats voulus. La manipulation est avérée, mais aucune preuve n’est disponible, les carnets de laboratoire et les données brutes ayant mystérieusement disparu. Les trois personnes impliquées ont chacune nié toute responsabilité dans ce que l’institution considère comme le plus grave cas de fraude scientifique de son histoire. L’une des trois, le professeur de chimie Peter Chen, à l’époque chef de ce groupe de recherche, a remis lundi son mandat de vice-président de l’EPFZ responsable de la recherche.

Selon le rapport de la commission d’experts que le TagesAnzeiger s’est procuré, seul le candidat au doctorat a pu manipuler les données. Aucun autre chercheur ayant accès à l’ordinateur où ont été effectuées les mesures contestées n’avait les connaissances nécessaires pour falsifier les données. Le doctorant nie les faits et a refusé, comme le lui demandait la commission, de rendre son titre académique.

Lundi, lors d’une conférence téléphonique, le président de l’EPFZ Ralph Eichler a indiqué qu’une procédure juridique interne était en cours. Passé le délai de recours d’un mois, l’EPFZ devra décider si elle annule le doctorat du chercheur impliqué. C’est également la raison invoquée par l’EPFZ pour ne pas publier le rapport des experts.