Le chef de la brigade des stupéfiants placé en détention préventive le 20 mars, Paul Grossrieder, a été libéré vendredi. Le juge d'instruction Patrick Lamon a fait savoir lundi qu'il a pris cette décision car tout risque de collusion est désormais écarté.

Mis au secret durant une semaine pour éviter la disparition de preuves dans l'affaire de corruption passive, d'entrave à l'action pénale et d'infraction à la loi sur les stupéfiants qui secoue la police fribourgeoise, le chef de la brigade des stups reste à disposition de la justice et se trouve de facto suspendu de ses fonctions jusqu'à la fin de la procédure judiciaire.

Le conseiller d'Etat Claude Grandjean, directeur de la justice et de la police, injoignable hier en fin de journée, n'a pas pu préciser si une enquête administrative allait être parallèlement ouverte par le pouvoir politique.

Lundi au micro de la Radio suisse romande, il minimisait l'affaire en constatant que sur les milliers de fonctionnaires de l'Etat, il est «normal de trouver une brebis galeuse», mais annonçait par ailleurs un nouveau développement: «Je crois qu'en disant qu'il y aura de nouvelles arrestations je ne prends pas de gros risques».

Cette affirmation a provoqué la réaction de Patrick Lamon qui fait savoir «qu'en l'état de l'enquête il n'y a pas de soupçons contre d'autres policiers et qu'aucune autre arrestation n'est prévue». Rappelons que le brigadier A.P., chef des conducteurs de chiens de la police, arrêté jeudi, se trouve toujours en détention préventive.

Qui croire? Le juge ou le politicien? Difficile de trancher tant que le blocage de l'information est décidé au plus haut niveau sous la discrète surveillance de Carla del Ponte, procureur de la Confédération.