En 1998, pour la quatrième année consécutive, la construction a enregistré une baisse d'activité dans le canton de Fribourg. Un recul plus important qu'en moyenne suisse. C'est ce qui ressort de la livraison de juillet du bulletin de l'Actualité statistique fribourgeoise. L'an dernier, les dépenses de construction étaient de 1,28 milliard de francs, soit 100 millions de moins qu'en 1997, la plus forte baisse depuis 1991.

«La construction a perdu plus de 40% de ses effectifs depuis dix ans, affirme Luc Pasquier, président de la Fédération des entrepreneurs fribourgeois. Malgré cela, le secteur est encore surdimensionné à Fribourg, les autres cantons ayant aussi adapté leurs structures. Cela oblige les grosses entreprises à travailler en dehors des frontières fribourgeoises.»

Critique, la situation fribourgeoise l'est d'autant plus que certains gros chantiers publics, comme l'A1, sont en cours d'achèvement, et que le relais ne sera pas repris avant plusieurs années. Les collectivités publiques peinent à jouer leur rôle moteur: avec 535 millions en 1998, leurs investissements ont régressé de 5% par rapport à 1997. Canton, communes et Confédération annoncent même pour 1999 des projets en baisse de 2,6% par rapport à 1998. Les investissements privés devraient par contre se stabiliser cette année. Il est vrai qu'en valeur réelle, leur niveau actuel est inférieur d'un quart à ce qu'il était il y a dix ans.

Le salut ne viendra pas pour autant de l'industrie et du commerce. Ne représentant que 11,5% du volume total des constructions, leurs investissements ne sont qu'en légère augmentation. «La plupart des entreprises qui s'implantent sont actives dans les services, constate Thierry Mauron, directeur adjoint à la Promotion économique du canton, et elles préfèrent louer des locaux plutôt que d'en construire.»

Ce sont les particuliers qui devraient en partie enrayer la chute du secteur: grâce à eux, les statisticiens cantonaux tablent pour 1999 sur «un niveau du chiffre d'affaires global identique à celui réalisé en 1998». Luc Pasquier ne partage pas cet optimisme, ne voyant venir de redémarrage ni dans le génie civil ni dans le bâtiment.