La campagne pour l'élection à la préfecture de la Sarine est lancée. A la manière d'un Nicolas Sarkozy, le candidat radical Denis Boivin se place sous les feux des projecteurs en émettant une proposition un peu folle: recouvrir d'un toit gonflable les bains historiques de La Motta durant la saison hivernale, de façon à donner enfin aux Fribourgeois une piscine couverte digne de ce nom.

Folle, mais pas idiote, cette idée. Car Denis Boivin ne s'avance pas à la légère. Au contraire, il a étudié la faisabilité du projet, élaboré une esquisse de budget, propose même des pistes pour le financer. «C'est une réflexion que je mûris depuis longtemps. Je saisis l'occasion de la campagne pour susciter le débat», indique ce nageur impénitent, qui habite d'ailleurs à deux pas des bains de La Motta.

Un enjeu politique

Ces dernières années, cette thématique est devenue, il est vrai, un enjeu politique local. Actuellement, la seule piscine ouverte au grand public est celle du Levant (25 mètres), désuète et prise d'assaut du matin au soir. Indigne d'une agglomération de 80000 habitants. Une pétition a donc été lancée, réclamant la construction d'un bassin de 50 mètres. Récoltant 12349 signatures (un record), elle a malgré tout été boudée par le Grand Conseil, qui décidait en février de ne pas lui donner suite. Certains députés ont toutefois promis de poursuivre le combat.

Las d'attendre, Denis Boivin a fait ses calculs. Selon ses recherches, la construction d'une piscine couverte de 50 mètres coûte environ 35 millions de francs, auxquels il faut rajouter 3 millions pour l'exploitation annuelle. «Actuellement, aucune collectivité publique n'est prête à assumer de pareils frais à Fribourg», lâche-t-il.

L'homme a donc prospecté sur Internet, pour y découvrir des réalisations alémaniques. A Schaffhouse, en particulier, une halle gonflable couvre un bassin durant l'hiver. Prenant contact avec les concepteurs, il dessine, en collaboration avec eux, un projet pour La Motta. Celui-ci reviendrait au maximum à 2,5 millions de francs (y compris la construction d'un vestiaire à partager avec le club de football voisin), plus 300000 francs de coût de fonctionnement annuel.

«Ce serait une réalisation légère et sans pilier, soutenue par l'air et conçue pour supporter l'hiver. La membrane gonflable serait translucide, pour laisser passer la lumière», relève Denis Boivin. Qui estime que cette sorte d'igloo de 7,5 m de haut ne dénaturerait pas la Basse-Ville, où se trouve La Motta. «En revanche, il faudra travailler avec le Service cantonal de l'environnement, de façon à diminuer au maximum l'impact écologique. Car la soufflerie à air chaud emploie beaucoup d'énergie.»

Le radical espère que son idée rencontrera de l'écho. «Le préfet contribue au développement de son district. Quel que soit l'élu, je souhaite qu'il assume le pilotage du projet.» Avec sa proposition, Denis Boivin s'attirera en tout cas la sympathie des nageurs-électeurs.